À la veille de la célébration du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance, le président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a réaffirmé son ambition de bâtir un système de santé performant et moderne.
L’objectif affiché : garantir la couverture sanitaire universelle et assurer la gratuité des soins pour les mères, les enfants et les personnes vulnérables.
Pourtant, derrière les discours volontaristes, la réalité sanitaire reste préoccupante.
Depuis 1960, le parcours du système de santé tchadien s’apparente à une succession d’avancées fragiles et de reculs inquiétants. Les premières années post-indépendance ont vu les infrastructures héritées de l’époque coloniale peu modernisées.
Les crises politiques et économiques qui ont jalonné les décennies suivantes ont aggravé la situation, entraînant une pénurie chronique de personnel médical, un manque criant d’équipements et une fragilisation des politiques publiques.
Certes, des progrès notables ont été enregistrés, notamment dans la lutte contre certaines maladies et l’extension des campagnes de vaccination. Mais ces acquis demeurent fragiles, souvent menacés par l’insuffisance du financement national, la forte dépendance à l’aide internationale et les profondes inégalités entre zones urbaines et rurales. Le paludisme reste endémique, le VIH continue de sévir et la mortalité maternelle demeure l’une des plus élevées au monde.
En six décennies et demie, le Tchad a avancé par à-coups, sans parvenir à engager une réforme structurelle durable. Le véritable défi des prochaines années sera de transformer les promesses en politiques concrètes, capables de rompre avec le cycle d’améliorations temporaires suivies de retours en arrière.


