La Coalition nationale de l’Éducation pour tous en République démocratique du Congo (CONEPT RDC) tire la sonnette d’alarme face à la baisse drastique des crédits alloués au secteur éducatif dans la Loi de finances rectificative 2025. Selon son coordonnateur, Jacques Tshimbalanga, cette réduction de 15,66 % du budget de l’éducation –passant de 18,64 % à 15,59 % du budget national– compromet gravement les politiques éducatives, les engagements internationaux du pays et la qualité même de l’enseignement.
Lors d’un point de presse tenu à Kinshasa avec les acteurs de la société civile, la CONEPT a dénoncé les signaux « préoccupants » émanant du terrain : retards de décaissement, non-paiement de services essentiels, menace sur la tenue des épreuves nationales, et départ massif d’enseignants non accompagnés. « Nous assistons à un affaiblissement structurel du secteur éducatif », a alerté M. Tshimbalanga.
Les sous-secteurs les plus touchés sont la Recherche scientifique (-75 %), la Formation professionnelle et métiers (-44,5 %) et les Affaires sociales (-9,9 %). Cette austérité budgétaire entraîne déjà des conséquences concrètes : arrêt des activités de planification et de collecte de données éducatives, mise à l’écart de plus de 4 000 enseignants en attente de retraite, blocage des inspections et des directions provinciales, et désengagement de l’État dans le financement des examens nationaux (ENAFEP, Examen d’État…).
Pour la CONEPT, cette situation provoque un double préjudice : d’une part, les familles vulnérables se retrouvent davantage pénalisées, et d’autre part, la qualité et la crédibilité des examens officiels s’effondrent. Elle craint une hausse du taux de déscolarisation, en particulier dans les milieux défavorisés, si des mesures correctives urgentes ne sont pas prises.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


