Le méga-projet énergétique Inga 3 entre dans une nouvelle phase décisive. Invité de l’émission Parole aux auditeurs sur Radio Okapi, Albert Zeufack, directeur pays de la Banque mondiale en RDC, a présenté les grandes lignes de la première phase du programme validée le 3 juin 2025 par le conseil d’administration de l’institution financière, avec un financement de plus de 250 millions de dollars.
Contrairement aux projets classiques, cette phase inaugurale se concentre prioritairement sur les besoins sociaux des populations locales du Kongo-Central, avant même le lancement des travaux de construction du barrage. « Nous avons innové en concevant ce programme de développement et en nous assurant qu’on s’occupe d’abord des populations », a déclaré Albert Zeufack. L’objectif est clair : améliorer l’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux routes, dans une région stratégique et longtemps marginalisée.
Ce choix s’explique aussi par la pression croissante sur les infrastructures électriques, alors que la demande énergétique explose en raison du développement attendu des mines de minerais critiques dans la province. « Ces ressources sont aujourd’hui très recherchées à l’échelle mondiale. Donc, la demande d’électricité augmente considérablement », a souligné Zeufack.
Autre volet structurant du projet : la formation de la main-d’œuvre locale. Un centre de formation sera mis en place pour préparer les jeunes Congolais aux métiers liés à la construction de barrages et aux infrastructures hydrauliques. Une manière d’éviter de faire appel à une main-d’œuvre étrangère quand viendra le temps des grands chantiers.
Ainsi, au-delà de son ambition énergétique, Inga 3 s’affirme comme un projet de développement humain, pensé pour et avec les populations locales. Un pari audacieux pour une RDC qui entend tirer parti de ses immenses ressources tout en plaçant l’humain au cœur de sa stratégie.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


