Dans les concessions n’djamenoises comme dans plusieurs provinces, les journées s’articulent de nouveau autour des fièvres brutales, des frissons et des perfusions posées à la hâte. Depuis la fin du mois d’août 2026, les centres de santé, les hôpitaux et les cliniques de la capitale affichent complets. La cause de cette saturation , une flambée fulgurante des cas de paludisme qui frappe des ménages entiers.
Dans les quartiers, l’inquiétude se lit sur tous les visages. Il n’est plus rare de voir trois ou quatre personnes malades simultanément sous le même toit. Les soignants, sollicités de toutes parts, peinent à répondre aux demandes de soins à domicile, tandis que devant les pharmacies de quartier, les files d’attente s’allongent. Face aux frais médicaux parfois prohibitifs, de nombreux habitants choisissent le raccourci de l’automédication une solution certes plus rapide et économique en apparence, mais redoutable en cas de complications.
Du côté du ministère de la Santé publique, le constat est sans équivoque. Le paludisme demeure la première cause de consultation et de décès dans le pays, touchant en priorité les sujets les plus fragiles , les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les personnes âgées. L’accumulation des eaux stagnantes avec les pluies, combinée aux insuffisances de l’assainissement urbain, offre un terrain de reproduction idéal aux moustiques.
La situation s’avère d’autant plus critique qu’une circulation simultanée de la dengue a été signalée à N’Djamena depuis le début du mois d’octobre. Présentant des manifestations cliniques similaires fortes fièvres, maux de tête et douleurs articulaires , cette double menace accroît le risque de confusion diagnostique et retarde la prise en charge adaptée des patients.
Face à cette détérioration sanitaire qui gagne du terrain dans la capitale comme en province, la communauté médicale tire la sonnette d’alarme , sans une riposte globale et immédiate centrée sur la distribution de traitements, le démoustiquage et la sensibilisation, le bilan humain pourrait s’alourdir de manière dramatique.


