Malgré son interdiction officielle par le ministère du Commerce au début du mois de juillet 2026, l’eau conditionnée en sachet plastique continue d’être distribuée à ciel ouvert dans plusieurs quartiers de la capitale, N’Djaména. Vendue au prix de 50 FCFA, cette eau demeure très recherchée par la population locale, en particulier lors des périodes de fortes chaleurs. Pour de nombreux vendeurs ambulants, jeunes comme adultes, ce commerce constitue une activité de subsistance quotidienne à travers les axes majeurs de N’Djamena.
Cette accessibilité financière soulève néanmoins des interrogations quant à la qualité microbiologique et au mode de conservation du produit. L’exposition prolongée des sachets aux rayons du soleil et des conditions de stockage précaires figurent parmi les principales préoccupations des observateurs de la santé publique.
Sur le terrain, plusieurs consommateurs expriment leur défiance. Si certains évoquent la présence récurrente d’impuretés dans les emballages, d’autres indiquent avoir renoncé à cette boisson par précaution sanitaire, appelant à un contrôle plus strict de la mesure d’interdiction.
À l’inverse, d’autres acteurs du secteur mettent en avant l’impact socio-économique de cette filière. Ils préconisent non pas une prohibition catégorique, mais une régulation renforcée, assortie d’inspections régulières et de sanctions contre les unités de production non conformes aux normes d’hygiène.
Interrogé par Tribune Échos, un praticien hospitalier alerte sur les risques liés au chauffage du plastique sous l’effet de la chaleur. Selon ce dernier, ce phénomène favorise le transfert de composants chimiques dans l’eau, exposant potentiellement les consommateurs à des risques toxicologiques à long terme.
Sollicité pour un entretien sur le suivi des normes de sécurité alimentaire, le Centre de Contrôle de Qualité des Denrées Alimentaires (CECOQDA) n’a, pour sa part, pas donné suite aux demandes d’information de la rédaction.
Ce constat met en évidence le décalage courant entre les décisions administratives et leur mise en œuvre effective sur le terrain. Bien que la production, le conditionnement, la distribution et l’importation de l’eau en sachet soient formellement prohibés, l’activité se poursuit au quotidien. À l’intersection des impératifs d’hygiène publique et des contraintes économiques des ménages, la gestion de la filière de l’eau en sachet reste un défi de régulation majeur pour les autorités publiques.


