Alors que le thermomètre franchit régulièrement la barre des 40°C, le marché des ventilateurs solaires s’embrase. Dans les travées des marchés de N’djamena, ces appareils essentiels pour survivre à la canicule voient leurs prix s’envoler, portés par une demande exponentielle.
Selon les relevés effectués auprès des commerçants de la place, les tarifs ont subi une hausse vertigineuse par rapport à la saison fraîche.
Deux modèles se partagent l’essentiel du marché :
Le modèle de type 18 : Désormais vendu à environ 35 000 FCFA.
Le modèle de type 16 : Proposé aux alentours de 30 000 FCFA.
À titre de comparaison, ces mêmes équipements se négociaient à près de 22 000 FCFA il y a encore quelques mois. Cette augmentation, oscillant entre 35 % et 60 %, pèse lourdement sur le portefeuille des citadins.
Chez les vendeurs, les ressentis divergent. Pour certains, la période est synonyme de prospérité :
« Les clients achètent régulièrement », confie un commerçant qui affirme écouler entre trois et cinq unités par jour.
Cependant, d’autres nuancent ce dynamisme. Si l’affluence est réelle, elle ne se traduit pas toujours par un acte d’achat. La hausse des prix freine une clientèle dont le budget est déjà sollicité par d’autres dépenses prioritaires. Malgré ces hésitations, la tendance reste globalement lucrative pour le secteur informel de l’électroménager solaire.
Pour les habitants de N’Djamena, le ventilateur solaire n’est plus un confort, mais une nécessité vitale, surtout dans les quartiers souffrant de délestages récurrents.
« Les ventilateurs sont désormais réservés à ceux qui ont les moyens. Et les autres, comment font-ils ? » s’interroge, amer, un client rencontré au marché.
De nombreux citoyens dénoncent une spéculation excessive sur des produits de première nécessité climatique. Des appels à l’intervention de l’État se multiplient pour :
Réguler les prix sur les marchés.
Faciliter l’accès à ces équipements via des subventions ou des baisses de taxes douanières.
Soutenir les populations vulnérables face à l’urgence thermique.
Cette situation met en exergue une fracture sociale grandissante. Le ventilateur solaire, solution pratique face aux carences du réseau électrique, devient le symbole des difficultés d’adaptation au changement climatique.

