Le ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamat Assileck Halata, a engagé une reprise en main de la gestion foncière dans la province du Kanem lors d’une séance de travail tenu ce dimanche 5 juillet 2026. Entouré du Délégué général du gouvernement auprès de la province, le général Issaka Koty Yacoub, du président du Conseil provincial et du maire de la commune, le chef du département est venu évaluer les services déconcentrés et afficher une fermeté absolue contre les spoliations du domaine public.
Au cours des échanges, le délégué provincial du ministère, Ahmat Mouta Djadaye, a dressé le bilan des actions récentes. Il a mis en avant les opérations de lotissement en cours à Mao et ses environs, les levés topographiques réalisés à Mondo et Ziguey, ainsi que le déploiement du plan de lotissement du département de Djara. Le rôle des commissions locales d’urbanisme a été salué pour leur implication dans la régularisation foncière et la préservation des réserves étatiques.
Cependant, le délégué a exposé les lourdes contraintes qui pèsent sur ses équipes : un manque criant de personnel, l’absence de locaux administratifs et de logements de fonction, ainsi qu’un déficit marqué en matériel technique et en moyens de transport.
Face à ces difficultés, mais surtout devant les dérives constatées sur le terrain, le ministre Mahamat Assileck Halata a haussé le ton. Rappelant le caractère strictement inaliénable du domaine de l’État, il a fermement condamné le morcellement illégal de plusieurs espaces hautement symboliques de la chef-lieu du Kanem.
« La Place de la Nation et la Préfecture ont été morcelées. Ces réserves de l’État doivent être restituées à l’État. Il faut que l’État fasse respecter son autorité », a martelé le ministre.
Pour concrétiser cette directive, le chef du département a ordonné à ses services techniques d’intensifier la lutte contre la falsification des documents fonciers et de traquer toutes les pratiques frauduleuses qui menacent la gestion transparente des terres.
Martelant que « la ville de Mao doit être urbanisée », le ministre a formellement rappelé que l’attribution des parcelles relève de la compétence exclusive de ses services, conformément aux textes en vigueur. Il a conclu ses orientations en appelant l’ensemble des autorités administratives et locales à exercer une vigilance stricte pour garantir un développement urbain légal et maîtrisé dans toute la province.

