À chaque période de vacances scolaires, l’animation s’intensifie dans les rues de Doba, chef-lieu de la province du Logone Oriental. Toutefois, derrière cette effervescence commerciale, une réalité s’impose : la présence croissante d’enfants, majoritairement des jeunes filles, exerçant de petits métiers de rue.
Vente de bois de chauffe, d’arachides, de beignets ou d’autres produits de consommation courante, ces activités informelles occupent désormais une part importante des trottoirs et des marchés de la ville. Parmi ces jeunes vendeurs, une part significative est constituée de filles confiées ou placées sous tutelle. Dans le quartier Gaki, le quotidien d’une fillette de dix ans illustre cette dynamique : ses journées sont consacrées au commerce afin de contribuer aux charges du foyer d’accueil.
Cette activité continue durant la pause estivale n’est pas sans répercussions sur le développement des mineurs. Le cumul de la fatigue physique et l’absence de repos compliquent la reprise des cours, de nombreux élèves abordant la rentrée dans un état d’épuisement. L’exercice d’une activité ambulante expose également les enfants à des risques environnementaux et sécuritaires, notamment la forte chaleur, les accidents de la circulation et le déficit d’encadrement.
Face à ce constat, des associations locales tirent la sonnette d’alarme. Tout en soulignant la vulnérabilité économique des ménages, elles rappellent l’urgence de préserver les droits fondamentaux de l’enfant, en particulier l’accès à l’éducation, au jeu et au repos.
Des voix au sein de la société civile plaident ainsi pour un renforcement de la sensibilisation des parents et tuteurs, une vigilance accrued des services compétents, ainsi que la mise en place d’alternatives encadrées : centres de loisirs, ateliers éducatifs et programmes d’assistance aux familles démunies.
À Doba comme sur l’ensemble du territoire, les acteurs locaux rappellent que les vacances scolaires doivent demeurer une période de repos, d’épanouissement et de préparation à la rentrée des classes.
De notre correspondant à Doba, Rimbaïbar Bédoumdjé Haubert


