Le gouvernement burkinabè a annoncé, mardi 6 janvier 2026, avoir mis en échec une énième tentative de déstabilisation visant les institutions de la Transition. Selon les autorités, ce complot projetait l’élimination physique du capitaine Ibrahim Traoré. L’ancien président de la transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba, est désigné comme le cerveau de l’opération.
Lors d’une allocution à la télévision nationale, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a révélé que l’assaut était programmé pour le 3 janvier dernier à 23h. Le plan prévoyait une série d’assassinats ciblés de responsables civils et militaires. La priorité des assaillants était la « neutralisation » du capitaine Ibrahim Traoré, par une attaque directe à son domicile ou une action de proximité.
« Il était ensuite prévu de désactiver la base de drones et de déclencher une intervention militaire terrestre par des forces extérieures », a précisé le ministre, sans toutefois nommer les puissances étrangères potentiellement impliquées afin de préserver l’enquête en cours.
Actuellement en exil au Togo, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba est présenté par Ouagadougou comme « l’acteur principal » de cette machination. Il lui est reproché d’avoir piloté la conception du plan, mobilisé les financements nécessaires et recruté des relais tant civils que militaires.
L’aspect financier du complot a également été abordé par le ministre Sana. Il a affirmé qu’une partie importante des fonds provenait de Côte d’Ivoire, évoquant une transaction récente de 70 millions de FCFA. Pour étayer ces accusations, la télévision nationale a diffusé le témoignage d’un individu présenté comme un commerçant et « acteur clé », affirmant avoir récupéré cette somme sur instruction de M. Damiba.
Grâce à l’intervention des services de renseignement, la tentative a pu être neutralisée avant son exécution. Plusieurs interpellations ont déjà eu lieu et les suspects seront présentés devant le procureur du Faso pour répondre de leurs actes.
Face à la psychose qui a brièvement gagné les réseaux sociaux le 3 janvier, entraînant des rassemblements spontanés de citoyens, le gouvernement a tenu à rassurer la population. Le ministre de la Sécurité a affirmé que la situation est désormais sous contrôle et a appelé les Burkinabè à la sérénité.


