Autrefois incontournable pour faire fonctionner les réchauds et alimenter les lampes tempêtes, le pétrole lampant a quasiment disparu du quotidien des ménages urbains tchadiens. À N’Djamena, le gaz butane s’est imposé dans les cuisines. De plus, face aux coupures récurrentes d’électricité, les foyers délaissent progressivement le pétrole au profit d’alternatives modernes comme les lampes rechargeables, les équipements à piles ou les installations solaires.
Dans les commerces de quartier, le constat est partagé. Abdoulaye, boutiquier dans la capitale, témoigne de ce changement d’habitudes en expliquant qu’avant, le pétrole se vendait très rapidement, jusqu’à 5 à 10 litres par jour. Aujourd’hui, il lui faut parfois trois à quatre mois pour écouler seulement 5 litres. Depuis la vulgarisation du gaz butane, la demande est devenue anecdotique, sauf en période de pénurie de gaz.
Même constat chez les vendeurs ambulants, dont la clientèle a radicalement changé. Le produit n’est plus acheté pour l’usage domestique, mais principalement pour des besoins techniques ou professionnels.
Acharif, vendeur à la sauvette près du rond-point Hamama, souligne que ses clients se comptent désormais sur les doigts d’une main. Ce sont surtout des mécaniciens qui l’utilisent pour dégraisser les moteurs de gros véhicules, ou des gérants de moulins et chauffeurs de camions qui, en période de hausse du prix du gasoil, mélangent le pétrole à de l’huile moteur pour faire tourner leurs machines.
Sur le marché local, le litre de pétrole se négocie actuellement entre 600 et 700 FCFA, marquant une hausse par rapport aux tarifs historiques de 250 à 350 FCFA. Deux types de pétrole coexistent en étal au même prix. Le premier, d’aspect clair, provient de la raffinerie locale de Djarmaya, tandis que le second, de teinte verdâtre, est importé du Cameroun voisin.
Malgré cette augmentation progressive des prix, le pétrole reste accessible au détail par petites quantités adaptées aux budgets modestes, même si son attrait auprès des ménages continue de décliner face aux énergies concurrentes.


