Face à la saturation du marché et à la multiplication des dérives spéculatives dans la capitale, le gouvernement tape du poing sur la table. Le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamat Assileck Halata, a annoncé la suspension provisoire de toute nouvelle attribution de terrains relevant du domaine public et privé de l’État sur l’ensemble du périmètre de N’Djamena.
Cette décision conservatoire intervient dans un contexte d’urgence marqué par la raréfaction des réserves foncières, l’explosion des litiges et une expansion urbaine anarchique.
Désormais, l’octroi de parcelles à vocation commerciale, économique ou industrielle est intégralement suspendu. La restriction s’applique avec la même rigueur aux organisations non gouvernementales et aux associations de la société civile. Les dossiers déjà déposés auprès des services techniques, mais n’ayant pas encore abouti à un acte définitif, subIront un réexamen minutieux à la lumière de ces nouvelles directives.
Les administrations et institutions publiques ne font pas exception. La fin des attributions automatiques est actée pour l’ensemble des ministères, collectivités et organismes d’État. Toute nouvelle demande foncière publique devra obligatoirement justifier sa légitimité à travers un filtre d’évaluation strict : études de faisabilité, conformité aux plans d’urbanisme et démonstration d’un intérêt stratégique majeur pour la collectivité.
Loin d’être une simple entrave administrative, cet arrêt temporaire prépare une transformation en profondeur de la gouvernance foncière. L’objectif de cette initiative est de sécuriser les réserves stratégiques tout en accélérant la modernisation du secteur, axée sur la digitalisation intégrale du cadastre et la mise en place d’un système national d’information foncière. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes récents de l’appareil judiciaire, notamment la création de chambres foncières spécialisées au sein des tribunaux par la loi du 9 décembre 2025.
En appelant l’ensemble des acteurs économiques, institutionnels et civils à la discipline, le ministre a précisé que ce verrouillage sera levé dès que les outils de régulation, de transparence et de gestion informatisée seront pleinement opérationnels pour garantir un développement urbain ordonné et durable.


