Au marché et aux abords du goudron de N’Djamena, les allées sont animées dès les premières heures de la journée. Entre les vendeurs de légumes, de fruits, de céréales et d’autres produits alimentaires, les clients se bousculent pour faire leurs achats. Mais derrière cette activité qui fait vivre des milliers de familles, une inquiétude grandit avec les notifications de cas de choléra enregistrées dans la capitale.
Sur plusieurs étals, les denrées sont exposées à l’air libre. Sous l’effet de la chaleur, de la poussière et des mouches, les commerçants reconnaissent que les conditions de vente ne sont pas toujours idéales. « Nous faisons de notre mieux, mais nous n’avons pas toujours le choix. Les marchés manquent parfois d’eau potable et d’infrastructures adaptées. Malgré cela, nous conseillons toujours à nos clients de bien laver les fruits et légumes avant de les consommer, avec de l’eau potable ou une eau désinfectée selon les recommandations sanitaires », confie une vendeuse de légumes.
D’autres commerçants assurent multiplier les précautions pour protéger leurs produits. Certains recouvrent leurs marchandises avec des tissus propres ou des bâches, tandis que d’autres nettoient régulièrement leurs espaces de vente. « Notre santé dépend aussi de celle de nos clients. Nous leur rappelons de bien cuire les aliments quand c’est possible et de respecter les règles d’hygiène à la maison », explique un vendeur rencontré sur place.
Les acheteurs, eux aussi, se disent conscients du danger. Beaucoup affirment vérifier l’état des produits avant de les acheter et privilégier les vendeurs qui tiennent leurs étals propres. Les agents de santé poursuivent également leurs séances de sensibilisation dans les marchés afin de rappeler les gestes qui permettent de limiter la propagation du choléra.
Dans un message récent publié sur la page officielle du ministère de la Santé, la coordination de la police sanitaire au ministère de la Santé publique et de la Prévention a souligné que la prévention demeure le meilleur moyen de freiner l’épidémie. Elle recommande de boire uniquement de l’eau potable ou traitée, de laver soigneusement les fruits et légumes avec une eau sûre, de se laver régulièrement les mains au savon et de consulter rapidement un centre de santé en cas de diarrhée aiguë ou de vomissements.
Dans les marchés de N’Djamena, commerçants et consommateurs lancent le même appel : « Chacun doit faire preuve de responsabilité. » Malgré les difficultés du quotidien, ils estiment que le respect des règles d’hygiène peut contribuer à protéger les familles et à réduire les risques de propagation des maladies d’origine hydrique. Chaque geste de prévention est une contribution à la santé de toute la communauté.


