Dans les provinces du Logone Oriental et du Moyen-Chari, des milliers de ressortissants tchadiens de retour de la République centrafricaine (RCA) s’efforcent de reconstruire leur vie après plusieurs années d’exil. Contraints de fuir les crises successives de 2003, 2014 et 2021, ces hommes, femmes et enfants reviennent avec l’espoir d’un nouveau départ. Cependant, leur réintégration se heurte à un obstacle de taille : l’absence de documents d’identité et d’état civil.
L’accès à ces documents administratifs demeure un défi majeur, tant pour les populations retournées que pour les communautés d’accueil. Les déplacements forcés, la perte ou la destruction des archives, l’éloignement des centres administratifs et la méconnaissance des procédures ont privé de nombreux retournés d’actes de naissance, de certificats de nationalité, de jugements supplétifs ou de cartes nationales d’identité. Cette vulnérabilité administrative limite considérablement leur accès aux droits fondamentaux, aux services publics ainsi qu’aux opportunités éducatives, économiques et sociales.
Pour pallier cette situation, le préfet du département de la Nya Pendé, Rhokoula Rodolphe, a officiellement lancé, le 7 juillet 2026 à Danamadja (sous-préfecture de Goré), l’opération d’enrôlement biométrique des retournés de la RCA. Cette campagne constitue une étape décisive vers la délivrance de cartes nationales d’identité sécurisées.
Financée par la France à travers l’Agence française de développement (AFD), cette opération est exécutée par l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANATS). Elle permettra à des centaines de bénéficiaires d’obtenir une identité légale et reconnue. Au-delà du simple aspect administratif, cette initiative s’inscrit comme un levier d’inclusion sociale, destiné à faciliter l’accès à la santé, à l’éducation, à l’emploi et à l’exercice des droits civiques.
Cette activité entre dans le cadre du projet FADECIV, mis en œuvre par Caritas Suisse en partenariat avec l’Association pour la Promotion des Libertés Fondamentales au Tchad (APLFT) et l’ANATS. Ce programme vise à promouvoir un accès équitable et durable aux services d’état civil pour les populations retournées et les communautés hôtes, tout en renforçant les capacités des institutions locales et nationales.
En restituant une identité légale à ces citoyens, le projet FADECIV entend contribuer à la restauration de leurs droits, à leur réintégration socio-économique et au renforcement de la cohésion sociale dans les zones d’accueil.
Après l’étape de Danamadja, les équipes d’enrôlement se déploieront dans les prochains jours sur les sites de Sido et de Maigama, dans la province du Moyen-Chari, afin d’étendre l’opération à un plus grand nombre de bénéficiaires.


