Dans plusieurs localités du pays, la salubrité autour des points d’eau potable est devenue une préoccupation majeure. Déchets accumulés, eaux stagnantes et boue transforment fréquemment la périphérie des forages en zones d’insalubrité, compromettant la sécurité sanitaire de l’eau destinée à la consommation des ménages.
Bien que le forage constitue la principale source d’approvisionnement pour des milliers de familles, les conditions environnementales directes de ces installations, souvent situées en bordure de route, demeurent critiques. L’absence de systèmes d’évacuation adéquats et la gestion défaillante des ordures ménagères dégradent les plateformes d’accès.
Cette situation expose directement les usagers à des risques épidémiologiques. Les eaux résiduelles stagnantes favorisent la prolifération de vecteurs de maladies comme le paludisme, tandis que l’infiltration des eaux souillées menace la qualité de la nappe, augmentant le risque de propagation de maladies hydriques telles que le choléra, la typhoïde et la diarrhée.
Sur le terrain, les résidents expriment leur inquiétude. « Nous venons chercher de l’eau chaque jour, mais les alentours sont souvent insalubres », déplore Mariam, une habitante rencontrée près d’un point d’eau. Selon elle, une prise de conscience collective est indispensable pour maintenir ces espaces propres.
Un constat partagé par les professionnels de la santé publique. Une agente sanitaire locale rappelle que l’hygiène environnementale est indissociable de la potabilité de l’eau : « Un forage bien entretenu réduit considérablement l’incidence des maladies infectieuses. Il est crucial que les populations cessent le dépôt sauvage d’ordures à proximité et que les autorités veillent à la maintenance technique des installations. »
Face à l’urgence sanitaire, des appels se multiplient pour inciter les collectivités locales, les comités de gestion des points d’eau et les services techniques à agir. Les propositions convergent vers le renforcement des campagnes de sensibilisation, l’aménagement d’exutoires pour les eaux perdues et l’institutionnalisation de journées communautaires de salubrité.
La garantie d’un accès durable à l’eau potable ne dépend plus seulement de la construction de nouvelles infrastructures, mais d’une gestion rigoureuse de leur environnement. La préservation de ces ouvrages s’impose désormais comme une responsabilité partagée entre les pouvoirs publics et les usagers pour protéger la santé publique.


