À Goz Beïda, chef-lieu de la province du Sila, le paysage urbain subit une dégradation environnementale de plus en plus visible. Du marché central aux zones résidentielles, l’accumulation des déchets devient une préoccupation majeure pour les habitants, transformant certains secteurs de la ville en foyers d’insalubrité.
Le constat est particulièrement frappant au Marché Central. Ce poumon économique, saturé de restes organiques et d’emballages plastiques, souffre d’un défaut d’évacuation régulière. Le phénomène s’étend désormais aux quartiers périphériques où les dépotoirs sauvages se multiplient à l’angle des rues, souvent au contact immédiat des habitations. Plus inquiétant encore, les abords des établissements scolaires ne sont pas épargnés. Cette proximité entre les zones de détritus et les lieux d’apprentissage expose les élèves à des risques sanitaires directs, constituant l’un des points les plus critiques de cette crise urbaine.
Cette situation résulte de la combinaison de plusieurs facteurs structurels et sociaux. D’une part, la ville pâtit de l’inexistence d’un service régulier de ramassage des ordures ménagères, privant les foyers d’un système de collecte organisé. D’autre part, le mobilier urbain, notamment les bacs à ordures, est quasi inexistant, ce qui favorise l’abandon des déchets sur la voie publique. Enfin, les réflexes de gestion des détritus ne sont pas encore totalement ancrés dans les habitudes quotidiennes, laissant parfois l’espace public être perçu comme une zone de décharge.
Au-delà de l’aspect esthétique, l’insalubrité à Goz Beïda représente une menace réelle pour la santé publique. Les amoncellements d’ordures favorisent la prolifération de vecteurs de maladies telles que le paludisme, la typhoïde ou le choléra. Par ailleurs, les déchets plastiques obstruent les canaux de drainage, accentuant les risques d’inondations stagnantes avec l’arrivée des précipitations.
Face à cette urgence, la restauration de la salubrité dans le chef-lieu du Sila nécessite aujourd’hui une réponse coordonnée entre les autorités municipales et les citoyens. La protection de la santé communautaire, et singulièrement celle des plus jeunes, en demeure l’enjeu principal.


