Réunie ce mercredi 8 avril 2026 dans la salle du 27-Novembre de la radio FM Liberté, l’opposition regroupée au sein du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) a tenu une conférence de presse pour dénoncer la trajectoire actuelle du pays. Entre crise sécuritaire, diplomatie contestée et instabilité institutionnelle, le mouvement appelle à une marche nationale le 2 mai prochain.
Dans sa déclaration liminaire, le GCAP dresse un constat sévère de la période ouverte en avril 2021, affirmant que le Tchad peine à garantir sa stabilité intérieure et l’intégrité de son territoire. L’opposition a notamment énuméré plusieurs points de préoccupation :
- L’incident de Tiné Djagaraba : Le mouvement remet en cause la version gouvernementale d’une attaque par drone et conteste la compétence du Procureur de la République sur ce dossier, qu’il qualifie de crime militaire. Le GCAP exige des clarifications sous peine de saisir la Cour pénale internationale (CPI).
- L’insécurité régionale : Les acteurs politiques pointent une recrudescence des conflits intercommunautaires et des incursions de groupes armés au Nord, au Sud et à l’Est du pays.
- La criminalité urbaine : L’opposition dénonce une vague de violences à N’Djamena, citant plusieurs décès signalés entre le 26 février et le 4 avril 2026.
Le déploiement annoncé de 750 éléments des forces de sécurité tchadiennes en Haïti suscite l’incompréhension du GCAP. Selon le mouvement, cette opération ne s’inscrit pas dans le cadre légal du chapitre VII de l’ONU et ne répond à aucun intérêt stratégique national. « Comment sécuriser Port-au-Prince quand N’Djamena n’est pas protégée ? », s’interroge l’opposition, soulignant que les troupes tchadiennes ne seraient pas formées à la guérilla urbaine des gangs haïtiens.
Sur le plan de la politique intérieure, le dernier remaniement ministériel a été qualifié de « bricolage ». Le GCAP fustige notamment : la création d’un poste de Vice-premier ministre sans loi organique préalable pour en définir les prérogatives ; des nominations jugées inadéquates par rapport aux défis actuels.
Enfin, le volet économique n’a pas été épargné. Le GCAP estime que les indicateurs officiels sont déconnectés de la réalité sociale. L’opposition cite la pauvreté persistante, l’insuffisance des infrastructures et interprète la restructuration de la dette comme un signe de défaut de paiement dissimulé. Pour le mouvement, le Plan National de Développement (PND) demeure, à ce jour, sans résultats tangibles pour la population.


