Réunis à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena sous l’égide de l’Institut tchadien de recherche agronomique pour le développement (ITRAD), les experts de la 3e Conférence régionale sur le blé et du forum sur les innovations technologiques s’attaquent à un enjeu de souveraineté vitale.
Alors que l’agriculture représente jusqu’à 50 % du PIB et occupe 80 % de la main-d’œuvre en Afrique de l’Ouest et centrale, le continent fait face à une dépendance alarmante, illustrée par une facture d’importations alimentaires estimée à 110 milliards de dollars en 2025.
Pour le Dr Zara Soutonnama, qui cite en exemple les capacités industrielles de la sous-région comme l’unité de Banfora au Burkina Faso (48 000 tonnes de farine par an), l’urgence est de combler le fossé entre une demande urbaine croissante pour cette céréale nutritive et une production locale freinée par les chocs climatiques.
À cet effet, le Dr Innocent Musabyimana souligne que la modernisation technologique, inscrite dans les cadres du PDDAA 2026-2035 et de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, reste le levier principal pour réduire la pénibilité du travail et attirer les jeunes et les femmes vers une agriculture commerciale performante.
Cette transformation structurelle, soutenue par des initiatives comme « Nourrir l’Afrique » de la BAD, vise à passer d’une logique de subsistance à une production de valeur ajoutée capable de garantir la sécurité alimentaire durable du Sahel.


