En visite à la maison d’arrêt de Sarh ce lundi 9 février 2026, le président du Conseil provincial du Moyen-Chari, Dieudonné Djonabaye, a apporté un soutien financier substantiel aux enseignants incarcérés. Ce geste vise à pérenniser l’éducation en milieu carcéral, après les résultats exceptionnels enregistrés aux derniers examens nationaux.
Ils sont six, tous titulaires d’une licence, à mettre leur savoir au service de leurs codétenus. Ces éducateurs de l’ombre encadrent les classes de 3e ainsi que les Terminales A et D. Un dévouement qui a porté ses fruits lors de la session 2024-2025 avec des performances historiques : un taux de réussite de 100 % au BEF et de 99,9 % au Baccalauréat.
Toutefois, ce succès contrastait jusqu’ici avec une précarité sociale alarmante. Depuis la rentrée, ces enseignants accusaient six mois d’arriérés de primes, une situation qui menaçait la continuité de leur mission pédagogique.
Sensible à ce plaidoyer, Dieudonné Djonabaye a tenu à saluer ce qu’il qualifie de « sens du sacrifice ». Pour le président du Conseil provincial, soutenir l’instruction, même derrière les barreaux, est un impératif de développement. « L’éducation est un droit fondamental. Ces jeunes enseignants prouvent que la réinsertion sociale passe avant tout par le savoir », a-t-il déclaré.
Pour traduire cette reconnaissance en acte, le Conseil provincial s’est engagé à régulariser immédiatement trois mois d’arriérés pour les six bénévoles. Sur la base de 30 000 FCFA par mois et par personne, une enveloppe globale de 540 000 FCFA a été débloquée pour redonner du souffle à ces encadreurs.
La Déléguée provinciale de l’Éducation nationale, Mme Djikoloum née Mougalbaye, a salué ce geste « salvateur » qui vient renforcer la politique de réinsertion des détenus. De son côté, le responsable de l’éducation au sein du pénitencier, Doumkodji Masra Benjamin, a promis de transformer cet appui en nouveaux succès académiques.
Pour l’année scolaire 2025-2026, les effectifs se précisent avec :
10 candidats au BEF ; 14 candidats au Baccalauréat (12 en Terminale A et 2 en Terminale D). Grâce à ce coup de pouce décisif, l’ambition d’un nouveau sans-faute aux examens est plus que jamais d’actualité à la maison d’arrêt de Sarh.
De notre correspondant, MBAINAREM TERANCE


