Dix-huit ans après la bataille de Massaguet, l’ombre du Général de Division Daoud Soumaine Khalil plane toujours sur les rangs de l’Armée nationale tchadienne. Le 1er février 2008, celui qui occupait les fonctions de Chef d’État-major Général des Armées (CEMGA) tombait au champ d’honneur à Bir-Barka. Retour sur le parcours d’un officier d’exception qui a fait du sacrifice ultime le sceau de son engagement.
Né vers 1952 à Baro, dans la province du Guéra, Daoud Soumaine Khalil était l’incarnation de la rigueur et de la discrétion. Fils de Soumaine Khalil et de Amgoudja Masami, ce père de famille a très tôt troqué les bancs de l’école de Mongo pour le treillis.
Engagé volontaire dès 1969 comme élève gendarme, il n’a cessé de gravir les échelons par la force du poignet. Son excellence technique, il l’a forgée dans les meilleures écoles françaises, se spécialisant tour à tour dans le pilotage, le parachutisme et les hautes études de guerre.
Le parcours du Général Daoud Soumaine Khalil se confond avec l’histoire sécuritaire du Tchad. De la gendarmerie nationale, dont il fut le Directeur Général (DGGN) à deux reprises, jusqu’au prestigieux poste de Chef d’État-major Particulier du Président de la République (CEMP/PR), il a occupé tous les postes névralgiques.
Son expertise ne s’est pas arrêtée aux frontières nationales. Diplomate de l’ombre sous l’uniforme, il a brillamment représenté le Tchad lors de missions de maintien de la paix notamment MISAB, MINURCA, FOMUC, prouvant que le soldat tchadien est aussi un artisan de la stabilité régionale.
Nommé Chef d’État-major Général des Armées en 2007, il ne dirigeait pas depuis un bureau climatisé. Le 1er février 2008, alors que la capitale était menacée, il se trouvait là où un chef doit être : à la pointe du combat. C’est sur l’axe Massaguet-Dagana, au lieu-dit Bir-Barka, qu’il a rendu son dernier souffle en mission commandée.
Il ne s’est pas contenté de commander des hommes ; il les a conduits jusqu’au bout, fidèle à son serment de protéger les institutions et le territoire.
Aujourd’hui, 02 février 2026, le souvenir du Général Daoud Soumaine Khalil ne s’est pas estompé. Il reste, pour les jeunes officiers, l’archétype du chef militaire : un homme de devoir, un technicien de la guerre et un patriote dont le nom est désormais gravé en lettres d’or dans les annales de l’histoire militaire du Tchad.


