Le second panel de haut niveau, placé sous le thème « L’exemple de la réussite algérienne et les défis majeurs des industries extractives tchadiennes », a réuni une pléiade d’experts nationaux et internationaux. Les échanges ont permis de dresser un état des lieux sans concession du secteur pétrolier et minier, tout en esquissant des pistes de coopération stratégique.
Le Directeur général de l’Autorité de Régulation du Secteur Pétrolier Aval du Tchad (ARSAT), Hassan Adoum Younousmi, a rappelé les missions de son institution. Bien que relativement jeune, une dizaine d’années d’existence, l’ARSAT s’impose comme l’arbitre du secteur, gérant aussi bien la distribution que le stockage, le transport et le commerce extérieur.
« À travers l’ARSAT, l’État tchadien garantit un cadre réglementaire moderne, transparent et conforme aux standards internationaux », a-t-il affirmé, soulignant que la maîtrise du secteur aval est un enjeu de souveraineté nationale. Pour lui, l’avenir passe par un assainissement du marché et une transition énergétique maîtrisée.
Le diagnostic posé par les intervenants, notamment par Mahamat Guiellet Hemchi, Directeur général adjoint de la Société de Raffinage de Djarmaya (SRD), met en lumière des freins persistants : la dépendance énergétique et les coûts logistiques élevés ; le déficit technique post-nationalisation ; l’impératif d’investissements massifs pour booster la production.
Concernant la Raffinerie de Djarmaya, les chiffres témoignent de la montée en puissance de l’expertise nationale : l’entreprise, désormais nationalisée à 73 %, emploie 815 agents, dont 593 Tchadiens et 222 expatriés chinois. La sécurisation de l’oléoduc Tchad-Cameroun reste, par ailleurs, un pilier vital pour l’exportation.
S’inspirant de l’expertise de Mohamed Khodja, expert algérien, et de l’expérience de M. Alladoum Désiré, Directeur général de la Tchad Petroleum Company, les panélistes ont insisté sur la modernisation des pratiques administratives. Le Tchad continue de renforcer sa gouvernance via l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), impliquant davantage la société civile et le secteur privé pour rassurer les investisseurs.
De son côté, M. Sadrack Dobé, Directeur général de la Géologie et du Cadastre minier, a rappelé que la relance du secteur repose avant tout sur une connaissance précise du sous-sol. Son département s’attèle à la cartographie géologique nationale et à la gestion rigoureuse des titres miniers, éléments indispensables pour attirer de nouveaux opérateurs.
En conclusion, si le potentiel extractif du Tchad est immense, les experts s’accordent sur un point : le salut de l’économie nationale passera par une coopération renforcée avec des partenaires comme l’Algérie et une stratégie d’investissement audacieuse pour transformer ces ressources en levier de développement durable.


