L’Association pour la Promotion des Libertés Fondamentales au Tchad (APLFT), en partenariat avec Oxfam Tchad, a organisé un atelier de deux jours sur le renforcement de l’intégration des populations vulnérables. La rencontre s’est tenue dans l’enceinte d’Oxfam, à Daboua, dans le département de Fouli, province du Lac.
Placé sous le thème « Actions de plaidoyer pour renforcer l’intégration des déplacés et demandeurs d’asile au sein des communautés hôtes en direction des décideurs locaux (autorités administratives et traditionnelles) », cet atelier vise à promouvoir l’intégration durable des personnes déplacées internes (PDI), des retournés et des demandeurs d’asile. L’objectif est de garantir leurs droits, leur accès équitable aux services de base et leur participation effective aux processus décisionnels, notamment à travers le renforcement du cadre juridique et social.
Mme Nenoudji Kodongar Flora, Cheffe de projet de l’APLFT, a salué la forte mobilisation des autorités administratives, militaires, traditionnelles, et des organisations de la société civile. Elle a insisté sur l’importance d’une participation active pour enrichir les échanges et renforcer les capacités locales. La Cheffe de projet a également souligné la nécessité de la cohésion sociale et des mécanismes de prévention des conflits dans la province du Lac, jugés essentiels pour une cohabitation pacifique.
Durant les travaux, les participants ont examiné des textes clés, dont la loi n°027/PR/2020 sur le droit d’asile et la loi n°012/PT/2023 relative aux droits d’assistance des réfugiés et PDI. Ils ont également été formés aux stratégies de plaidoyer et de communication d’influence, à la cohabitation pacifique, et à un projet humanitaire multisectoriel ciblant le Sahel central (Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad).
À l’issue des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées pour améliorer la situation sur le terrain : sensibiliser les communautés à la cohésion sociale; former les chefs traditionnels et religieux; impliquer davantage les femmes et les jeunes dans les prises de décision; initier des projets de développement locaux; assurer le suivi rigoureux des activités génératrices de revenus (AGR) par les ONG; éviter la création de sites fictifs de déplacés.
Le Sous-préfet de Daboua, M. Yapé Barthélémy, a salué l’engagement de l’APLFT, tout en rappelant les défis persistants auxquels est confronté son département. Il a mentionné l’arrivée récurrente de populations fuyant les groupes armés et la détérioration continue des conditions socio-économiques locales.
En clôture, les participants ont exprimé leur satisfaction et réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre les acquis de la formation, soulignant la nécessité de renforcer la prise en compte des droits des PDI et des demandeurs d’asile dans les politiques locales. Cet atelier a permis de consolider les connaissances théoriques et pratiques des acteurs, contribuant ainsi au renforcement des capacités locales en matière de gestion de crise et de promotion du vivre-ensemble.


