En 2022, les étudiants gabonais sont confrontés à une nouvelle crise de bourses, retards de versement, incertitudes et explications répétées de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) évoquait des difficultés de trésorerie.
Dans les universités, beaucoup dénoncent une précarité croissante et un manque de visibilité sur leurs droits.
Sur la base des chiffres officiels, l’État gabonais a versé 558 milliards de FCFA en dix ans de 2012 à 2022 pour financer les bourses d’environ 291 000 étudiants. Ce montant est régulièrement présenté comme un effort important, mais contraint par les limites budgétaires du pays.
Dans ce contexte, le procès de Noureddin Bongo Valentin fait apparaître un contraste saisissant. La justice a établi l’existence d’environ 1 000 milliards de FCFA déposés sur un seul compte logé dans un paradis fiscal, somme au cœur de sa condamnation. Rapporté aux données officielles de l’ANBG, ce montant représente à lui seul l’équivalent de près de vingt années de bourses étudiantes.
Ce parallélisme entre, d’un côté, les difficultés récurrentes à payer régulièrement les bourses et, de l’autre, l’ampleur des fonds détournés mis au jour par la justice, alimente un profond sentiment d’injustice au sein de la population. Pour de nombreux étudiants, cette réalité pose une question centrale, celle des priorités réelles qui ont été accordées à l’éducation et à la jeunesse dans la gestion des finances publiques.


