Le gombo frais, couramment désigné sous le nom de « Daraba Leyine » en arabe local, est en passe de devenir une denrée de luxe au Tchad. Après l’envolée des prix des céréales, c’est au tour de ce légume incontournable, consommé au quotidien, d’enregistrer une augmentation spectaculaire sur les marchés de N’Djaména, impactant directement le pouvoir d’achat des ménages.
Alors qu’il se vendait à bas prix entre septembre et octobre, le gombo frais a vu son coût multiplié par cinq ou plus en quelques semaines. Le samedi 15 novembre 2025, dans les marchés comme le marché à de Mil et Dembé, l’ampleur de l’inflation était flagrante. Par exemple, le petit tas de gombo, vendu précédemment à 50 FCFA, atteint désormais 200 à 250 FCFA. Aussi, le sac, qui s’achetait pour environ 1 000 FCFA il y a peu, est désormais affiché entre 20 000 et 27 000 FCFA.
Selon une commerçante interrogée, cette flambée des prix résulte d’un concours de facteurs. De nombreux jardins maraîchers situés aux alentours de N’Djaména auraient été dévastés par des animaux, réduisant drastiquement l’offre locale. En effet, le marché est maintenant principalement alimenté par le gombo en provenance de la région du Lac Tchad. Cette source d’approvisionnement lointaine s’avère extrêmement coûteuse en raison de l’insécurité dans la zone, de l’augmentation du coût de transport et des charges supplémentaires imposées aux grossistes.
Pour les familles N’Djaménoises, le gombo frais, essentiel à la préparation des sauces traditionnelles, est désormais une denrée difficilement accessible. « Le gombo frais est devenu tellement cher que je ne peux plus en acheter pour préparer la sauce pour ma famille de huit personnes », déplore une ménagère. Aché, pour sa part, témoigne de la contrainte budgétaire : « Je suis obligée d’en acheter pour 1 000 FCFA pour la consommation de ma famille de quatre personnes, là où une somme bien moindre suffisait avant. »
Cette situation se traduit par une diminution de la fréquence de consommation de ce légume dans les foyers, forçant les ménages à revoir leurs habitudes alimentaires et leurs dépenses quotidiennes.


