Les tensions latentes autour d’un point d’eau ont dégénéré en un conflit intercommunautaire sanglant le 4 novembre 2025 à Ngoura, dans la province du Hadjer Lamis. Le village de Débibé, situé à la frontière entre le Barh El-Gagazel et le Hadjer Lamis, a été le théâtre de violents affrontements. Le bilan provisoire est lourd : 33 morts, une trentaine de blessés, ainsi que l’incendie d’habitations, de pâturages et la destruction de biens matériels.
Dès le lendemain, le 5 novembre 2025, une mission gouvernementale de haut niveau a été dépêchée sur les lieux du drame. Conduite par le Ministre d’État, Ministre de l’Administration du Territoire, Limane Mahamat, elle comprenait également le Ministre de la Justice, Dr Youssouf Tom, et le Ministre de la Sécurité Publique, Ali Ahmat Aghabache.
Accueillie par les forces de défense et de sécurité qui avaient réussi à ramener le calme, la délégation avait pour objectif de s’enquérir de la gestion du conflit, d’en déterminer l’ampleur, d’établir les responsabilités et de manifester la compassion du gouvernement aux familles des victimes.
Les autorités locales ont fait état de premières mesures fermes : l’arrestation d’un commandant de compagnie de la gendarmerie du Barh El-Gagazel et d’un chef de canton. Six armes à feu et plusieurs armes blanches ont également été saisies. La mission a profité de cette rencontre avec les Délégués Généraux du Gouvernement des deux provinces – le Général Abdelaziz Tchang Lang Tokama (Barh El-Gagazel) et le Général Ahmat Kardayo (Hadjer Lamis) – et des responsables militaires pour donner une instruction claire : désarmer systématiquement toutes les parties au conflit.
La délégation s’est ensuite entretenue avec les chefs traditionnels. Pour ces derniers, la cause profonde du drame réside dans la non-délimitation officielle de la frontière entre le Barh El-Gagazel et le Hadjer Lamis. Le puits, source du conflit, se trouvant précisément à cette limite floue.
En conclusion de sa visite, la mission gouvernementale a appelé les chefs traditionnels à une sensibilisation immédiate de leurs administrés pour un retour à la cohabitation pacifique. Elle a également réitéré l’ordre aux détenteurs illégaux d’armes à feu de les remettre sans délai aux autorités compétentes.


