Dans le Mayo-Kebbi Est, sous le pont Yagoua-Bongor fraîchement inauguré, un trafic de carburant en provenance du Cameroun prospère au vu et au su de tous. Profitant de la pénurie et du rationnement insuffisant au Tchad, des trafiquants y stockent d’importantes quantités de bidons et de fûts. Cette activité clandestine, tolérée par l’inaction des autorités, met directement en danger la vie des riverains ainsi que la solidité de cette infrastructure censée favoriser les échanges entre les deux pays.
Une simple étincelle suffirait à transformer les lieux en brasier, détruisant le pont et provoquant une catastrophe humaine. Les stocks, entreposés à proximité des piliers, fragilisent la sécurité de l’ouvrage et représentent une menace constante pour les habitants. Pourtant, aucune opération de démantèlement ni de contrôle strict n’a été entreprise, laissant le risque s’aggraver chaque jour.
Face à ce danger imminent, les habitants réclament des mesures immédiates : saisie des stocks, poursuites judiciaires et surveillance renforcée. En fermant les yeux, les autorités assument la responsabilité d’un éventuel drame dont les conséquences pourraient largement dépasser le cadre local.


