L’année 2025 a débuté sous le signe d’une insécurité préoccupante à N’Djamena, la capitale du Tchad. Les récents événements tragiques, notamment des assassinats et des agressions, ont plongé la population dans un climat de peur et d’incertitude.
Le 31 janvier 2025, la ville a été secouée par l’assassinat brutal d’Abeguelay Nodjigoto Damaris, Secrétaire générale à la Formation professionnelle et aux Petits métiers. Dans la nuit de ce jour tragique, des inconnus à moto ont pénétré chez elle à Gassi, dans le 7ᵉ arrondissement. Ils l’ont étranglée et poignardée au niveau de la clavicule, avant de piller son domicile et de s’emparer de sa moto. Ce crime odieux a choqué l’opinion publique et mis en lumière la vulnérabilité croissante des personnalités face à la montée de la violence.
Peu après ce drame, l’insécurité a continué de frapper. Le 2 février 2025, un jeune homme de 18 ans a été poignardé, un acte qui a accentué l’inquiétude des habitants. Le 7 février, Mahamat Gouchoulay, un Tchadien de retour du Canada, a été abattu de huit balles, dont quatre ont atteint des organes vitaux. Ces événements reflètent une détérioration rapide du climat sécuritaire à N’Djamena.
Mais les violences ne se limitent pas aux assassinats. Le 12 mars 2025, un braquage audacieux a été perpétré près du marché central, où quatre hommes armés ont attaqué un bureau de change, emportant plus de 100 millions de francs CFA. Ce vol, survenu deux mois après l’assassinat d’un cambiste en pleine rue le 13 janvier, témoigne de l’impunité dont jouissent certains criminels. À cela s’ajoute la découverte, le 29 juin 2025, d’un corps sans vie au marché central. L’homme, âgé d’une trentaine d’années, a été retrouvé mort tôt dans la matinée, ajoutant un nouveau choc à une situation déjà dramatique.
Malgré les patrouilles régulières des forces de l’ordre, l’insécurité demeure un problème récurrent, notamment dans certains quartiers périphériques. Les armes blanches, couteaux et machettes, sont devenues visibles dans les rues, souvent brandies par de jeunes délinquants. Les vols de véhicules et les agressions de motocyclistes se multiplient, alimentant un sentiment d’insécurité généralisée.
Face à cette crise, la police nationale a intensifié ses opérations. Plus de 100 malfrats ont été arrêtés dans le cadre des mesures de riposte sécuritaire. Ces efforts traduisent la volonté des autorités de restaurer la paix, mais l’ampleur du phénomène nécessite une réponse plus globale et plus cohérente.
Pour endiguer cette montée de la violence, plusieurs actions s’imposent : renforcer la formation et l’équipement des forces de l’ordre, promouvoir des alternatives économiques pour les jeunes, et sensibiliser la population aux comportements de prévention. L’engagement de tous les acteurs, institutions, société civile et citoyens, est crucial pour restaurer la confiance et garantir la sécurité collective.
Aujourd’hui, l’insécurité à N’Djamena constitue un défi majeur. Malgré les initiatives en cours, seule une action coordonnée et durable permettra de répondre efficacement à cette crise. La sécurité étant un droit fondamental, il est urgent d’agir pour protéger les habitants de cette capitale emblématique du Tchad.


