Au lendemain de la nomination des nouveaux responsables de la Caisse des Retraités Civils du Tchad (CRCT), le journaliste Mahamat Kally Ismaïl Youssouf les exhorte à alléger la souffrance des retraités qui, après avoir servi la République, se retrouvent dans des situations déplorables.
« Ne les félicitez pas, ne leur rapportez pas des moutons ni casiers des Cocas
Ce n’est pas une promotion. Ce n’est pas une médaille. C’est un fardeau. Une mission lourde de sens, chargée de douleurs accumulées, de vies brisées dans le silence, d’yeux fatigués qui espèrent encore.
La nouvelle équipe dirigeante de la caisse des retraités ne mérite pas des applaudissements. Elle mérite d’être regardée droit dans les yeux et qu’on lui dise, “Vous portez désormais la souffrance d’une génération oubliée. Ne trahissez pas cette confiance.”
Nos pères, nos mères, ces anciens soldats, ces enseignants, ces fonctionnaires, ces hommes et femmes de l’ombre qui ont bâti ce pays… regardez-les. Ils ne demandent pas la charité. Ils demandent leur dû.
Toute leur vie, ils ont cotisé. Toute leur vie, ils ont servi. Et aujourd’hui, ils attendent. Parfois des mois. Parfois pour quelques miettes. Pendant ce temps, leur santé décline, leur dignité s’effrite, et leur silence crie plus fort que tous nos discours.
À ceux qui viennent d’être nommés, rappelez-vous que ce n’est pas une récompense que vous avez reçue, mais une mission sacrée. Le Chef de l’État vous a confié la charge de redonner espoir et justice à une frange souvent oubliée de notre société.
Maltraiter les retraités, c’est cracher sur la mémoire du travail, sur la noblesse de l’effort, sur l’idée même de justice sociale. Et que l’on ne s’y trompe pas, cette injustice, si elle persiste, finira par nous rattraper tous.
Un jour, nous serons à leur place. Et nous comprendrons. Peut-être trop tard.
Arrêtons un peu face à ce sujet et prenons le très au sérieux. »


