Selon OCHA, au 1er octobre 2024, le Tchad est confronté à une catastrophe naturelle d’une ampleur alarmante. Les inondations ont touché 119 des 125 départements du pays, affectant plus de 1,9 million de personnes, soit environ 10,2% de la population tchadienne. Les chiffres sont en constante augmentation, passant de 960 000 personnes le 27 août à plus de 1,9 million au début d’octobre. Ce drame humain a également causé la perte tragique de 576 vies.
Les dégâts matériels sont considérables : plus de 217 000 maisons ont été détruites, tandis que 432 000 hectares de terres agricoles ont été ravagés et que 72 000 têtes de bétail ont été englouties par les eaux. Les provinces les plus touchées incluent le Lac avec 277 409 personnes affectées, suivi du Mayo Kebbi Est (218 238), du Mandoul (189 984), de la Tandjilé (185 376) et du Batha (144 807).
En termes de proportion relative, la situation est encore plus critique dans certaines provinces. Le Lac se distingue avec un taux d’affectation alarmant de 38%, suivi par l’Ennedi Est (31,6%), le Borkou (27,6%), le Mandoul (25,2%), le Moyen Chari (24,4%) et le Batha (21,9%). Ces régions sont classées en priorité 1 par le Comité national de prévention et de gestion des inondations (CNPGI), à l’exception du Moyen-Chari.
Un rapport conjoint de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l’Université de N’Djamena met en lumière les risques croissants liés aux niveaux des rivières. Le fleuve Logone pourrait atteindre jusqu’à 8,60 mètres et menacer les quartiers du 9e arrondissement. De son côté, le fleuve Chari a déjà franchi la barre des 8,20 mètres au 10 octobre, dépassant son niveau record de l’année précédente où N’Djamena avait subi l’une des pires inondations en plusieurs décennies.
Dans un contexte où les défis humanitaires s’intensifient, il est impératif que la communauté internationale réagisse rapidement pour soutenir les efforts d’assistance aux populations touchées et contribuer à la reconstruction des infrastructures dévastées.