En marge des célébrations de la Semaine Nationale de la Femme Tchadienne (SENAFET), la lutte contre la malnutrition a pris une dimension stratégique. Une table ronde de plaidoyer, réunissant membres du gouvernement et partenaires internationaux, s’est tenue pour redéfinir les priorités autour de cette problématique de santé publique.
La rencontre a vu la participation active de la Ministre d’État, Ministre de la Femme et de la Petite Enfance, Mme Kitoko Gata Ngoulou, et du Ministre de la Santé Publique, le Dr Abdelmadjid Abderahim. À leurs côtés, Monsieur Philippe Douste-Blazy, ancien ministre français et diplomate engagé, ainsi que le Représentant de l’UNICEF au Tchad, Luciano Calestini, ont apporté leur expertise technique et diplomatique.
Les échanges ont rapidement convergé vers un constat : la malnutrition demeure un obstacle majeur au développement de la petite enfance et à l’autonomisation économique des femmes. Pour les intervenants, il est désormais impératif de basculer d’une gestion de l’urgence vers une stratégie de prévention durable.
Reconnu pour son rôle dans le financement de la santé mondiale, Philippe Douste-Blazy a plaidé pour la mise en place de mécanismes innovants afin de mobiliser des ressources pérennes. De son côté, Luciano Calestini a rappelé un principe biologique et social crucial : l’investissement dans les 1 000 premiers jours de l’enfant constitue le levier le plus efficace pour briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté.
Mme Kitoko Gata Ngoulou a martelé que le succès de cette lutte repose sur l’implication directe des mères. « Éduquer une femme à la nutrition, c’est protéger toute une communauté », a-t-elle déclaré, inscrivant cette réflexion au cœur du mandat de la SENAFET. Pour soutenir cette vision, le Dr Abdelmadjid a présenté les avancées du plan national de nutrition, tout en appelant à une coordination accrue sur le terrain.
Recommandations phares de la table ronde :
- Dépistage précoce : Renforcement des capacités dans les zones rurales isolées.
- Sensibilisation : Intensification des campagnes sur l’allaitement maternel et la diversification alimentaire locale.
- Financement : Création de nouveaux circuits financiers pour sécuriser l’approvisionnement en suppléments nutritionnels.


