À l’approche de la rentrée scolaire, l’enthousiasme des enfants se heurte à l’anxiété croissante des parents d’élèves au Tchad. Entre la hausse des prix et des revenus stagnants, l’achat des fournitures scolaires s’impose comme un véritable casse-tête. Cahiers, manuels, uniformes et sacs alourdissent le budget familial, surtout dans un contexte économique marqué par la cherté de la vie.
Dans les marchés de N’Djamena, les étals regorgent de fournitures scolaires, mais les prix découragent plus d’un parent. « J’ai quatre enfants à scolariser. Rien que pour les cahiers et les uniformes, la facture dépasse mes moyens. Je suis obligé de m’endetter pour que mes enfants ne soient pas exclus », confie Saleh Mahamat, père de famille rencontré au marché de Dembé. Son témoignage illustre le dilemme de nombreux parents, contraints de rogner sur d’autres dépenses essentielles pour offrir le minimum vital à leurs enfants.
Les commerçants, quant à eux, se défendent face aux accusations de spéculation. Ali Ahmat, vendeur de fournitures scolaires au marché central, déclare : « Les prix ne dépendent pas seulement de nous. Avec les frais d’importation et le transport, nous subissons également ces hausses. Mais nous faisons de notre mieux pour satisfaire nos clients. » Ce discours met en lumière la complexité de la situation, où chaque acteur tente de trouver un équilibre dans un marché fluctuant.
Cette flambée des prix ravive le débat sur le rôle des autorités publiques. Nombreux sont ceux qui plaident pour des mesures d’accompagnement, telles que la distribution de kits scolaires ou une régulation des prix. En attendant, les familles s’organisent tant bien que mal, entre solidarité communautaire et sacrifices personnels.
Ainsi, au lieu d’être une période de réjouissance, la rentrée scolaire se transforme pour de nombreux parents en une saison de stress et d’angoisse, révélant les fragilités sociales et économiques qui traversent le pays. Dans ce contexte, l’éducation, qui devrait être un droit accessible, devient un défi pour beaucoup.


