Le décret du 7 juillet 2025, qui a donné naissance à la Tchadienne d’Électricité (TCHADELEC), s’inscrit dans un contexte où le Tchad est confronté à des défis énergétiques majeurs. La défunte Société Nationale d’Électricité (SNE) a laissé un héritage amer, marqué par des défaillances chroniques. En période de canicule, alors que les températures atteignent des sommets records, le pays se retrouve à souffrir d’une crise d’électricité aiguë, touchant particulièrement N’Djaména et de nombreuses provinces. Des millions de citoyens sont plongés dans l’obscurité.
La gestion de la SNE a souvent été qualifiée d’opaque, alimentant un sentiment de méfiance généralisé parmi la population. Les scandales de surfacturation, les dettes accumulées et les pratiques douteuses ont gravement entamé la crédibilité des institutions publiques. Les promesses de développement durable et d’accès à l’électricité pour tous se sont heurtées à la dure réalité d’un service public défaillant.
C’est dans ce contexte critique que TCHADELEC a vu le jour. Bien que sa création soit un signe d’espoir, elle soulève des interrogations quant aux moyens techniques et financiers qui lui seront alloués. Les défis liés à l’infrastructure énergétique sont colossaux. Le pays nécessite des investissements massifs et une gestion rigoureuse pour moderniser ses installations. Le manque de sérieux dans la gestion des fonds publics demeure une préoccupation majeure.
La canicule imminente met à l’épreuve l’efficacité de TCHADELEC et sa capacité à assurer une couverture énergétique adéquate. Les Tchadiens, en particulier ceux de la capitale, sont habitués aux coupures intempestives que la SNE leur infligeait, souvent réparties par quartiers et horaires. Dans un pays où l’accès à l’eau potable dépend largement de l’électricité, cette situation devient critique. La promesse d’une couverture énergétique par TCHADELEC doit se traduire par des actions concrètes et rapides, sinon les Tchadiens continueront à subir les conséquences d’une gestion défaillante.
La gouvernance de TCHADELEC, régie par l’Acte Uniforme OHADA et la loi sur la gouvernance des sociétés publiques, pourrait offrir un cadre plus transparent. Cependant, l’efficacité de cette gouvernance dépendra de la volonté politique et de l’engagement des dirigeants à combattre les pratiques corrompues qui ont miné la SNE.
Les défis qui attendent TCHADELEC sont immenses. Pour réussir là où la SNE a échoué, la nouvelle société doit s’attaquer non seulement aux problèmes techniques et financiers, mais aussi instaurer une culture de transparence et de responsabilité. Les Tchadiens attendent des résultats tangibles, surtout en période de canicule où chaque watt compte. Sans une gestion rigoureuse et un engagement sincère envers le bien-être des citoyens, les promesses de TCHADELEC risquent de n’être qu’un mirage dans un désert énergétique.


