Dans les rues animées de N’Djamena, certains jeunes ont su transformer la gestion des déchets ménagers en véritable activité génératrice de revenus. Gérard, ramasseur d’ordures ménagères, témoigne : « Ce travail contribue à la salubrité des ménages et me permet de gagner ma vie chaque jour. Selon la quantité de déchets, je peux gagner entre 500, 750 et 1000 Fcfa par jour. Grâce à un planning bien organisé, je vide les ordures de sept ménages chaque matin. Cet argent me permet de subvenir à mes besoins et de payer la scolarité de mes deux enfants. »
De son côté, Brahim Atime, jeune éboueur du 5ᵉ arrondissement de N’Djamena, raconte son parcours : « Je suis arrivé à N’Djamena en 2013. J’ai d’abord travaillé comme gardien dans un magasin pendant quatre ans. Au départ, mon patron me payait correctement, mais avec le temps, les retards de paiement se sont accumulés, allant jusqu’à trois mois d’arriérés. J’ai alors décidé de quitter le gardiennage. »
Avec ses économies, Brahim investit dans un « pouspous » (chariot), une pelle et un balai pour démarrer son activité de ramassage d’ordures. « Au début, je faisais du porte-à-porte très tôt le matin. Progressivement, je me suis constitué une clientèle fidèle. Aujourd’hui, certains me contactent par téléphone et certains préfèrent même payer un abonnement mensuel », confie-t-il.
Toutefois, les difficultés logistiques persistent. « Avant, nous déposions les déchets derrière le palais du 15 janvier. Maintenant, nous devons nous rendre beaucoup plus loin, notamment au centre de déchets de Bouta Diguel, où nous devons payer des droits à la mairie », explique-t-il.
De nombreux ménages s’interrogent aujourd’hui sur l’absence des services publics d’hygiène et d’assainissement dans les arrondissements. « Avant, c’était N’Djamena Nadif qui collectait les ordures, mais depuis un certain temps, on ne les voit plus », regrettent plusieurs habitants. Malgré ces obstacles, ces jeunes entrepreneurs de l’assainissement démontrent qu’avec peu de moyens, il est possible de bâtir un gagne-pain tout en contribuant à la propreté de la capitale tchadienne.


