Le projet d’installation de 10 000 lampadaires pour éclairer les rues et les zones sensibles de N’Djaména a été lancé par le gouvernement tchadien avec le soutien de ses partenaires, dans l’objectif de lutter contre l’insécurité qui y galoppe. Cependant, les citoyens ont décrié l’absence de transparence dans l’installation de ces lampadaires.
Selon plusieurs habitants, l’entreprise en charge de la mise en œuvre du projet a pratiqué l’injustice et un manque de transparence et d’équité dans l’installation des lampadaires dans les quartiers de N’Djaména. Certains ont dénoncé que les lampadaires sont installés plutôt dans les zones déjà éclairées, alors que d’autres quartiers sont encore dans le noir.
« Nous résidons dans une zone où la SNE n’est pas encore arrivée, on refuse de nous installer ; mais il préfère installer ça dans les zones éclairées même sans ces lampadaires », a déclaré M.S, habitant du 8e arrondissement.
Les citoyens ont également exprimé leur mécontentement car les lampadaires semblent profiter davantage aux élites qu’aux paisibles citoyens. « Dans notre quartier, ils ont installé ces lampadaires devant chez les généreux, anciens ministres, les directeurs et autres hommes influents », a dénoncé H.D, habitant du quartier Dinguessou.
Un fonctionnaire sous l’anonymat a suggéré que certaines zones sont éclairées, mais que le bassin de rétention d’eau de N’Djari, le « bouta Roma », le « site sao de N’Djarikawas » devraient être entièrement électrifiés pour avoir un minimum de sécurité dans ces zones dangereuses, surtout la nuit.
Les mêmes observations ont été décriées par les habitants du 7e arrondissement, qui ont affirmé que l’injustice est profonde au Tchad. « Nous étions contents lorsque nous avons aperçu les employés de l’entreprise en charge de la mise en œuvre de ce projet sur notre rue, subitement, ils ont fait viré la trajectoire de la ligne. Lorsque nous les avons interrogés, ces employés nous ont dis qu’un colonel habitant dans le virage les a forcé de faire virer la ligne et de passer devant chez lui », a expliqué Dieudonné.
Il n’y a aucun critère d’éligibilité défini clairement pour l’installation de ces lampadaires. Parce que nous nous sommes approchés d’un des services du ministère en charge de l’Énergie, mais ce service a déclaré qu’il n’en connaît aucun critère.
Toutefois, l’objectif initial de ce projet consiste à traduire dans les faits la vision du maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, celle de rendre la ville de N’Djaména éclairée. Le ministère est impliqué dans la réussite de ce vœu. Dans ce sens, M. Passalé Kanabé Marcelin a effectué plusieurs visites nocturnes pour s’imprégner de l’exécution.
Enfin, bien que l’objectif du projet soit louable, le ministre de l’Eau et de l’Énergie est interpellé. Il est urgent d’agir pour imposer la transparence, l’équité et la priorité des zones.


