Les représentants des syndicats des magistrats ont organisé un point de presse, ce vendredi 13 mai 2022, dans les locaux du Palais de justice de N’Djaména.
Leur communication est axée sur la sortie médiatique du Ministre de la Sécurité citant la justice tchadienne comme l’une des causes de l’insécurité dans nos villes.
Face à cette préoccupation, le Secrétaire Général du Syndicat des Magistrats Tchadiens (SMT), Djonga Araffi, a précisé que la Justice est un pouvoir à part entière et ne saurait tolérer les agissements d’une autorité exerçant sous la hiérarchie du pouvoir exécutif.
Il a ensuite ajouté que les magistrats exercent leur métier suivant un serment qu’ils prêtent devant Dieu.
« Le manque de professionnalisme de nos forces de Sécurité ne doit aucunement justifier un acharnement contre la Justice. Chercher à cacher ses tares en semant l’équivoque et le doute dans la conscience des Tchadiens sur la Justice est non seulement intolérable mais blâmable du point de vue pénal », a indiqué Djonga Araffi.
Concernant l’affaire des 68 condamnés dont le Ministre a fait référence pour indexer la défaillance de la Justice, le Secrétaire Général du SMT, Djonga Araffi, a donné les détails suivantes pour éclairer la lanterne de l’opinion publique :
- ces derniers ne sont pas condamnés à vie ; ils doivent être libres après avoir purgé leurs peines ;
- le sursis est aussi une condamnation mais sans peine privative de liberté ;
- les actes de grâce du PCMT contribuent aussi à élargir des condamnés.
Djonga Araffi a déclaré que les magistrats continueront à appliquer la loi, rien que la loi et toujours la loi puisqu’ils n’en sont que des esclaves. “Que les amateurs viennent se convertir au métier du juge pour juger”, ajoute-t-il.
Pour finir, le SG du SMT a affirmé que la solution au problème de la Justice tchadienne ne se trouve ni dans les invectives proférées ci et là ni dans les critiques subjectives mais plutôt dans le sens de responsabilité imparti à chacun afin de redorer son blason.