À l’approche des pluies les plus intenses, l’angoisse monte dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale tchadienne. À Ambatta, Dinio et Gassi, chaque averse transforme les rues en coulées boueuses, envahit les concessions et met en péril les biens ainsi que la santé des habitants.
Les premiers ruissellements ont déjà révélé l’ampleur des faiblesses : caniveaux obstrués, fossés comblés, remblais anarchiques, et une urbanisation qui dépasse largement les capacités de drainage. Face à ce risque prévisible, l’heure n’est plus aux promesses : il faut des décisions rapides, visibles et coordonnées.
La population de ces quartiers tire la sonnette d’alarme : « Nous interpellons les élus locaux – mairies d’arrondissement, délégués de quartiers et conseillers municipaux – pour déclencher un plan de riposte afin de prévenir une éventuelle inondation de grande échelle. »
Excédés par cette situation, les habitants affirment ne plus pouvoir payer chaque saison la facture des retards. Ils martèlent : « Les élus ont les leviers : budget d’urgence, arrêtés municipaux, mobilisation des services techniques et coordination avec la Protection civile et les partenaires. Ce qui manque le plus n’est pas le diagnostic, car il est connu, mais l’exécution. »
Toutefois, cette montée en puissance des pluies, dès le premier semestre du mois d’août, constitue pour certains une opportunité : elle favorise la germination et la productivité de la riziculture périurbaine. Mais les habitants reconnaissent aussi leur part de responsabilité : « Il est temps que la population prenne conscience en débouchant certains canaux obstrués et en créant des associations de lutte contre les inondations, afin de combattre ce phénomène naturel. »


