Dans les centres urbains comme au cœur des villages, les femmes occupent une place centrale dans le tissu économique. Par leur dynamisme et leurs initiatives, elles assurent quotidiennement la survie de nombreux foyers, finançant aussi bien l’alimentation que la santé et la scolarisation des enfants.
Sur les marchés, leur présence est omniprésente. Elles dominent la vente des produits de base : céréales, légumes, poisson ou viande. Au-delà du secteur alimentaire, elles investissent les domaines de la restauration, de la couture, de la coiffure, du tatouage traditionnel et de l’artisanat. Bien que souvent informel, ce petit commerce constitue le véritable poumon économique des communautés locales.
Le parcours de ces femmes est marqué par une résilience à toute épreuve. Au marché de Diguel, une vendeuse de légumes témoigne de cette réalité : « Chaque matin, je m’approvisionne auprès des grossistes avant d’installer mon étal. Grâce aux bénéfices, je participe aux charges du ménage et je finance les études de mes enfants. Malgré la concurrence et la cherté de la vie, je continue avec détermination. » Son récit illustre la contribution, souvent silencieuse mais vitale, des femmes à l’économie de la capitale.
Pourtant, cette énergie se heurte à des défis structurels de taille. Le manque de financements, l’accès limité à la formation professionnelle, le vieillissent des équipements et le poids des responsabilités familiales freinent le plein épanouissement de leurs activités.
Malgré ces freins, le courage et la persévérance restent le moteur de ces actrices du changement. Pour transformer ce potentiel en levier de développement durable, un soutien ciblé est nécessaire. Renforcer leurs compétences par des formations adaptées et faciliter l’accès au crédit permettrait non seulement de consolider leurs entreprises, mais aussi d’améliorer durablement les conditions de vie de milliers de familles tchadiennes.


