À N’Djamena, la première semaine du mois de Ramadan s’accompagne d’une forte affluence dans les marchés. Comme chaque année, les habitudes de consommation évoluent pour s’adapter au rythme du jeûne, entraînant une hausse significative de la demande en produits de première nécessité.
Dans les étals, certaines denrées sont particulièrement prisées. Les dattes, indispensables pour la rupture du jeûne, figurent en tête des produits les plus recherchés. Les céréales, notamment le mil, le maïs et le riz, sont également très sollicitées pour la préparation des bouillies et des repas du soir. À cela s’ajoutent la farine, le sucre et l’huile, dont la consommation augmente en raison de la préparation de beignets et d’aliments frits. Les légumes frais, les fruits et la viande complètent cette liste, traduisant une volonté des ménages de diversifier les repas après une journée de jeûne.
Cette forte demande n’est pas sans conséquence. Sur plusieurs marchés de la capitale, des hausses de prix, parfois légères, sont observées, suscitant des inquiétudes chez les consommateurs.
Au marché central, les commerçants constatent une intensification des activités. « Les stocks de sucre et d’huile s’écoulent deux fois plus vite qu’en période normale », affirme Moussa, vendeur de produits alimentaires. Selon lui, si la demande explose, les fournisseurs revoient également leurs tarifs à la hausse, impactant directement les prix de vente.
Même constat du côté d’Aïcha, vendeuse de dattes, qui observe une tendance à l’achat en grande quantité. « Les clients préfèrent acheter en avance, par crainte de rupture de stock », explique-t-elle, tout en soulignant que la concurrence entre commerçants contribue à maintenir des prix relativement accessibles.
Chez les consommateurs, les avis divergent. Amina, mère de famille, reconnaît une augmentation systématique de son budget alimentaire en début de Ramadan. « On veut faire plaisir à la famille, donc on achète plus que d’habitude », confie-t-elle, admettant toutefois que certaines dépenses pourraient être évitées.
Pour Abdoulaye, autre client rencontré au marché, les prix ont légèrement augmenté par rapport au mois précédent. Il appelle les commerçants à plus de compréhension : « Le Ramadan est un mois de solidarité, chacun doit faire un effort. »
Entre hausse de la demande et contraintes économiques, la première semaine du Ramadan met en lumière les réalités du marché à N’Djamena. Elle rappelle également l’importance d’une consommation mesurée, en accord avec les valeurs de partage et de modération propres à ce mois sacré.


