Dans un contexte où les défis nationaux s’accumulent, les citoyens attendent des réponses claires, accessibles et responsables de la part de leurs dirigeants. Pourtant, un constat s’impose. Certains membres du gouvernement brillent par leur silence face aux sollicitations des médias. D’aucuns sont injoignables, soit tournent le dos à la presse.
Quand le silence gouvernemental devient une offense au droit d’informer, le devoir de transparence s’effondre. Ces derniers temps, les journalistes Tchadiens tentent, en vain, d’obtenir des entretiens avec certains ministres sur des sujets d’intérêt national. Souvent sollicités, ces responsables politiques, pourtant censés être les premiers garants de la transparence de l’action publique, ne daignent ni répondre aux messages, ni accuser réception, encore moins proposer des alternatives.
Et pourtant, un ministre de la République n’est pas une entité inaccessible. Il est au service du peuple et donc redevable d’informations sur sa gestion, ses choix politiques, ses résultats, et ses perspectives. L’information n’est pas un privilège accordé au compte-gouttes mais plutôt un droit fondamental garanti par la Constitution et par les lois sur la liberté de la presse.
Ce silence organisé qu’il soit par négligence, par mépris ou par crainte de la contradiction, porte atteinte à l’essence même de la démocratie. Il fragilise la confiance entre les gouvernants et les gouvernés, et affaiblit le rôle des médias en tant que trait d’union entre les institutions et la population.
Certes, la fonction ministérielle est exigeante et les calendriers souvent chargés. Mais refuser systématiquement de s’exprimer, ou ignorer les journalistes, équivaut à priver le peuple d’une parole à laquelle il a droit. Cela donne aussi lieu à des soupçons, des interprétations erronées et parfois à la propagation de fausses informations qui est un paradoxe, à l’heure où la lutte contre les fake news est brandie comme priorité.
Les médias ne demandent pas des faveurs, mais l’exercice d’un devoir. Informer, c’est aussi expliquer, rendre compte, dialoguer. En s’enfermant dans le mutisme, certains ministres tournent le dos à cette exigence citoyenne.
Plus que jamais, il est temps de rappeler que dans une République responsable, gouverner, c’est aussi communiquer.


