Dans la douce pénombre d’un hôtel de N’Djamena, l’écran s’est allumé, le 27 novembre 2025, pour révéler « Mara Ma Sakit », un documentaire qui secoue les consciences et ouvre une fenêtre crue sur la réalité des violences faites aux femmes. L’initiative, portée par le Ministère de la Femme et de l’Enfance avec l’appui des Nations Unies, s’inscrit dans le cadre des 16 jours d’activisme, cette période où les mots deviennent une arme et les images, un plaidoyer.
Signé par le réalisateur Djerabé Ndingar, le film déroule les récits de femmes meurtries mais debout, portant chacune un fragment de cette souffrance trop souvent étouffée. Entre les silences lourds et les regards qui racontent davantage que les phrases, le public a découvert une vérité qui ne se chuchote plus : la violence basée sur le genre demeure un fléau quotidien au Tchad.
Au cœur de cette projection, la voix de Fatimé Soukar Térap a résonné avec une intensité rare. Victime de violences en ligne, elle a livré un témoignage vibrant, appelant les femmes et les jeunes filles à dépasser la peur, à réclamer leur dignité et à saisir les mains tendues : « N’ayez pas peur de vous exprimer », a-t-elle lancé, dans un souffle mêlé de douleur et de détermination.
Au-delà de l’émotion, l’événement a rappelé l’urgence d’une mobilisation durable. Le ministère et ses partenaires ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de protection, de multiplier les actions préventives et d’accompagner sans relâche celles qui survivent à ces violences.
Avec « Mara Ma Sakit », un message clair traverse l’écran : la lutte contre les violences faites aux femmes n’est pas qu’un engagement institutionnel, c’est un combat sociétal. Un combat qui exige constance, solidarité et voix unies.


