Pratique courante dans de nombreux foyers tchadiens, l’automédication consiste à administrer des soins sans avis médical préalable. Si l’intention des parents est souvent de soulager rapidement un maux de tête ou une fièvre, cette habitude représente un danger réel, parfois mortel, pour les plus jeunes.
Dans plusieurs familles, le réflexe est identique : puiser dans l’armoire à pharmacie domestique. Sirops contre la toux, restes d’antibiotiques ou médicaments prescrits pour une autre pathologie sont réutilisés sur la base de conseils de proches ou d’expériences passées. Or, ce qui a fonctionné pour l’un ne convient pas forcément à l’autre.
L’automédication expose les enfants à des risques. Le corps d’un enfant, plus fragile que celui d’un adulte, réagit différemment aux substances chimiques. Un dosage approximatif peut ainsi entraîner des effets secondaires graves, voire des intoxications systémiques.
Le Dr Mahamat Ahmat Idriss, pédiatre, est formel : « L’automédication chez les enfants est une pratique dangereuse. Leur organisme est extrêmement sensible. » Selon le spécialiste, les conséquences peuvent aller du simple surdosage à des complications neurologiques, des insuffisances rénales ou des retards de diagnostic pour des maladies graves comme la pneumonie. « Utiliser un médicament inadapté peut masquer des symptômes critiques et retarder une prise en charge médicale adéquate », prévient-il.
Face à ce constat, les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. Le Dr Idriss conseille vivement aux parents de consulter un médecin dès l’apparition des premiers signes, même pour des symptômes jugés banals. L’objectif est d’éviter des complications évitables et protéger durablement la santé de l’enfant.
Pour éradiquer ce phénomène, la sensibilisation reste l’arme principale. Il est crucial que les parents comprennent qu’un enfant malade nécessite l’expertise d’un professionnel avant toute intervention thérapeutique. Le respect des prescriptions et l’interdiction de partager des traitements entre enfants sont des règles d’or à adopter.
En somme, la santé des enfants ne doit faire l’objet d’aucun compromis. Pour garantir leur bien-être, la consultation médicale doit impérativement primer sur l’improvisation domestique.


