Ce mercredi 4 mars 2026, la présidente de la Haute Autorité des Médias Audiovisuels (HAMA), Halimé Assadya Ali, a organisé une conférence de presse sur le thème « Valorisation du travail et de l’image des femmes par les médias tchadiens ». À l’occasion de la Semaine Nationale de la Femme Tchadienne, célébrée depuis le 1er mars en prélude à la Journée Internationale des Droits des Femmes, la question de la place des femmes dans les médias a été au cœur des discussions à la HAMA.
Malgré un cadre juridique favorable, elle a rappelé que les femmes restent sous-représentées, surtout aux postes de décision. Elle a souligné que « Les médias ont le pouvoir de façonner les mentalités et de promouvoir des modèles positifs », plaidant ainsi pour un leadership féminin renforcé dans les rédactions et l’intégration des questions féminines dans tous les contenus.
Pour les professionnelles, le constat est tangible. Achta Abdraman Aboubakar raconte son parcours semé d’obstacles pris comme un exemple pour les femmes. Elle a été incomprise par sa famille, exclue de certaines missions et sous-estimée dans le milieu professionnel. Elle a néanmoins persévéré et créé l’émission Rendez-vous social pour donner la parole aux femmes invisibles. Elle conseille aux femmes d’être fermes dans leurs décisions et de travailler dur pour leur avenir professionnel.
De son côté, Konodi Isabelle Dietoloun insiste sur le rôle des médias dans la construction des représentations : pour elle, trop souvent, la femme est présentée comme victime ou réduite à son statut d’“épouse de”. Mais la présence féminine ne doit pas être décorative, elle doit être décisionnelle.
Enfin, Zara Mahamat Yacoub, promotrice de Dja FM, évoque les barrières culturelles et professionnelles et insiste sur l’implication des hommes et des femmes pour un changement réel. Elle revient sur le sujet de la valorisation de la femme dans les médias, qui n’est pas une faveur, mais une responsabilité collective envers toutes les femmes journalistes.
Malgré les progrès, les témoignages montrent que la visibilité des femmes dans les médias tchadiens reste trop souvent symbolique. Le défi est double : accroître leur présence dans les rédactions et transformer durablement les contenus pour refléter leur rôle actif dans tous les secteurs de la société.


