La lutte contre la traite des êtres humains était au centre d’une audience stratégique tenue ce lundi 16 février 2026 entre Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), conduite par son président Belngar Larmé Jacques, et Siobhán Mullally, Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la traite des personnes. Cette rencontre marque la première visite officielle de l’experte onusienne au Tchad, illustrant l’attention croissante portée à cette problématique à l’échelle nationale et internationale.
Cette mission vise à analyser en profondeur la situation de la traite des personnes au Tchad, à recueillir des données auprès des institutions publiques et des acteurs concernés, et à formuler des recommandations concrètes pour renforcer la prévention, la protection des victimes et la poursuite des auteurs. Les échanges ont notamment porté sur des réalités préoccupantes telles que le mariage forcé, le travail contraint, l’exploitation sexuelle, ainsi que les vulnérabilités spécifiques des réfugiés et des migrants, souvent exposés aux réseaux criminels transnationaux.
Les discussions ont également mis en lumière plusieurs formes persistantes d’exploitation humaine. Il s’agit notamment d’enfants bouviers pris dans des circuits informels, de mineurs envoyés sur des sites d’orpaillage dans des conditions dangereuses, de femmes employées comme domestiques dans des situations précaires, ainsi que de cas d’enlèvements d’enfants à des fins de rançon. La question des mutilations génitales féminines a également été abordée, tout comme les obstacles judiciaires entravant la lutte contre ces crimes, en particulier la corruption et les insuffisances institutionnelles.
Au-delà du diagnostic, l’audience a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération internationale et les mécanismes nationaux de protection. Les autorités tchadiennes ont exprimé leur volonté d’aligner davantage leurs politiques publiques sur les standards du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, tout en tenant compte des défis sécuritaires, sociaux et migratoires propres à la région.
Cette audience traduit une volonté affirmée d’intensifier la lutte contre la traite et toutes les formes d’exploitation humaine au Tchad. Elle ouvre la voie à des actions concertées et renforcées en faveur des femmes, des enfants et de toutes les personnes vulnérables, afin que la dignité humaine demeure une priorité incontestable des politiques publiques nationales.


