La section politique de la coalition d’opposition Wakit Tama dénonce, dans un communiqué cinglant daté de ce jour et signé par son Coordonnateur national, Zakaria Adam Zakaria, une des « phases politiques les plus sombres » du Tchad. L’organisation pointe du doigt une « dérive autoritaire » marquée par la répression et l’« anarchie institutionnelle », accusant l’Exécutif d’instrumentaliser le pouvoir judiciaire.
Le communiqué fustige notamment le silence de quatre mois de la Cour suprême face au recours de l’organisation contre un « arrêté liberticide ». Ce mutisme est qualifié d’« aveu d’échec de la justice et une insulte à la démocratie », renforçant l’accusation d’une instrumentalisation totale du pouvoir judiciaire par l’exécutif. Wakit Tama section politique critique un régime qui aurait « opté pour la répression et l’intimidation ». L’organisation mentionne l’assassinat de Yaya Dillo, l’arrestation d’opposants, dont Robert Gam et l’ancien Premier ministre Dr. Succès Masra, ainsi que la « muselière imposée aux médias ». Selon eux, la fermeture de l’espace politique ne crée pas la stabilité, mais « renforce la colère populaire et rapproche le pays du moment de l’explosion ».
Zakaria Adam Zakaria dénonce également la récente suspension du Bureau national de l’Union nationale des étudiants tchadiens (UNET), une sanction similaire à celle subie par Wakit Tama section politique. Cette mesure vise, selon le communiqué, à punir l’UNET pour son appel à la grève contre la suppression de la restauration et du transport universitaires. « Cela illustre la stratégie du régime : museler toute voix critique et criminaliser l’action citoyenne », affirme-t-il, exprimant un « soutien indéfectible » à l’UNET. L’organisation insiste sur le fait que le régime en place, dirigé par un « clan familial et politique restreint », se finance par l’exploitation pétrolière, achetant des armes tout en ignorant les besoins de la population.
Face à cette situation, Wakit Tama section politique annonce son intention de saisir l’international. L’organisation prévoit de déposer des plaintes internationales à Paris, Bruxelles, Berlin et Genève contre les responsables directs de la répression et de l’injustice sous le régime de Mahamat Idriss Déby Itno. Les noms des personnes ciblées seront rendus publics « très prochainement ».
Par ailleurs, l’organisation entend saisir la CNDH (Commission nationale des droits de l’homme) à Genève pour empêcher son accréditation, dénonçant sa « complicité avec le régime » de N’Djamena. L’objectif est de « révéler sa façade vide » concernant les droits humains. Wakit Tama section politique promet enfin d’étendre son action devant l’ONU et les juridictions américaines.


