Dans le cadre des festivités de la SENAFET et de la célébration de la Journée internationale des femmes, édition 2026, la Cour des comptes du Tchad a organisé ce vendredi 6 mars 2026 une conférence-débat autour du thème « Femme et gouvernance ». Cette rencontre a réuni plusieurs responsables de l’institution ainsi que des participants et participantes venus réfléchir sur la place des femmes dans la gestion des affaires publiques.
La conférence a été animée par plusieurs figures emblématiques de la Cour des comptes, notamment Mme Madani Haoua, 3ᵉ avocate générale, Mme Koularambaye Neldengar Clémentine, conseillère à la Cour des comptes, et Mme Halima Allamine Djimet, secrétaire générale adjointe. L’activité s’est tenue en présence de la présidente de la Cour des comptes, Mme Zara Ibrahim Mahamat Itno.
Dans son mot d’ouverture, la présidente de l’institution a souligné que cette semaine dédiée aux femmes constitue un moment important de réflexion collective sur leur place et leur rôle dans la société. Elle a rappelé que le développement harmonieux d’un pays ne saurait être envisagé sans la contribution active, éclairée et déterminante des femmes dans tous les domaines de la vie nationale.
Mme Zara Ibrahim Mahamat Itno a également insisté sur le fait que la gouvernance, entendue comme l’ensemble des mécanismes permettant de gérer les affaires publiques avec transparence, responsabilité et efficacité, ne peut être pleinement inclusive et performante sans la participation des femmes. Selon elle, celles-ci jouent aujourd’hui un rôle de plus en plus visible dans les institutions publiques, les organisations de la société civile, les entreprises et les communautés.
Prenant la parole, Mme Madani Haoua a indiqué que cette présentation vise à mettre en lumière l’évolution du rôle des femmes dans la gouvernance au Tchad, à identifier les défis persistants, mais aussi à souligner les avantages de leur inclusion dans les instances de décision. Elle a également évoqué l’importance de proposer des stratégies concrètes pour renforcer leur participation à la gestion des affaires publiques.
Abordant le cadre juridique, la 3ᵉ avocate générale a rappelé que la participation des femmes à la gouvernance remonte aux premières années de l’indépendance du Tchad en 1960. Elle a cité l’exemple de Borkou Louise Kabo, première femme élue à l’Assemblée nationale en 1962, ainsi que celui de Fatimé Kimto, devenue en 1982 la première femme ministre en charge des Affaires sociales et de la Femme. D’autres figures comme Achta Toné Gossingar ont également marqué cette progression, même si la présence féminine est longtemps restée marginale.
Pour leur part, les panélistes ont expliqué que la rencontre vise aussi à éclairer l’opinion publique sur l’évolution du rôle des femmes dans la gouvernance au Tchad et à proposer des orientations concrètes pour renforcer leur inclusion. Elles ont notamment évoqué l’adoption de la loi sur les quotas en 2021, à travers l’ordonnance n°012, qui garantit une meilleure représentation des femmes dans les assemblées et l’administration publique.
Enfin, Mme Koularambaye Neldengar Clémentine a relevé qu’au niveau du corps diplomatique, plusieurs femmes occupent aujourd’hui des postes dans des institutions régionales et internationales, citant notamment Mariam Ali Moussa, Mariam Mahamat Nour, Amina Priscille Longoh et Zenaba Mahamat Adoum. Malgré ces avancées notables, elle estime que le chemin vers une gouvernance pleinement paritaire reste semé de défis, tout en affirmant que les bases d’une participation accrue des femmes sont désormais solidement posées.
Des interventions et des questions d’éclaircissement ont constitué les temps forts de cette conférence, marquant ainsi le rôle crucial de la Cour des comptes dans les instances décisionnelles au Tchad.


