Le domaine de la coiffure, de la manucure, pédicure et des tatouages, autrefois exclusivement détenu par les femmes à N’Djaména, est en phase d’être envahi par les hommes. Depuis cinq ans, ce domaine est pénétré par des Tchadiens, des Camerounais et des Ivoiriens. Les salons de coiffure et les instituts de beauté préfèrent désormais les hommes aux femmes, et l’arrivée massive des hommes dans ce domaine attire beaucoup plus de clients.
Selon Samia, une cliente régulière, « quand je veux faire mes manucures, je viens dans un salon où travaillent des hommes ». Elle explique qu’elle a vécu de mauvaises expériences avec des femmes qui prennent trop de temps pour compléter une tâche simple et qui se soucient de choses qui n’ont rien à faire avec leur travail. « Avec les hommes, c’est mieux », ajoute-t-elle.
Mme Claire, tenancière d’un salon à Dembé dans la commune du 7ème arrondissement de N’Djaména, n’emploie que des hommes. « Les hommes sont ponctuels et ne s’absentent pas n’importe comment », explique-t-elle. « Quand ils sont au salon, leur souci est le travail, mais avec les femmes, c’est le contraire. Elles ne sont pas rapides et ont trop d’occupations ». Mme Claire ajoute qu’elle a beaucoup bénéficié de la présence des hommes dans son salon, car cela l’a permis d’attirer beaucoup plus de clients.
Cependant, certaines situations ont dégénéré en scènes de jalousie. Mme Claire confie avoir géré une scène où un homme a menacé l’un de ses employés avec un couteau parce qu’il avait posé le pied sur ses genoux. Un autre messieur a déposé sa copine au salon et a été choqué de découvrir qu’un homme était en train de la maquiller.
Malgré ces incidents, la plupart des femmes rencontrées ne semblent pas découragées par ces scènes de jalousie. Elles insistent que cela leur fait gagner en temps et en énergie.


