Le calvaire des ménagères tchadiennes ne semble pas près de s’arrêter. À N’Djamena, l’ail, communément appelé « Toum » en arabe local, ingrédient incontournable de la cuisine locale, vient allonger la liste des produits de première nécessité dont le prix s’envole. Autrefois vendu entre 5 000 et 6 500 FCFA le coro sur les marchés de la capitale, ce condiment se négocie aujourd’hui à 10 000 FCFA, une hausse jugée incompréhensible par de nombreux consommateurs.
Sur les marchés de Dembé, Diguel et au marché à mil, les commerçants peinent à écouler leur marchandise. « Avant, avec 2 000 FCFA, on pouvait préparer pour plusieurs semaines. Aujourd’hui, ce n’est même plus possible », se désole Hadjara, ménagère rencontrée au marché de Dembé. Pour beaucoup de familles, l’ail devient presque un produit de luxe, obligeant certaines à réduire leur consommation.
Les commerçants, eux, justifient cette flambée par plusieurs facteurs. « Le transport coûte de plus en plus cher et l’ail est devenu rare sur le marché. Nos fournisseurs viennent du Cameroun et du Soudan, et les routes sont difficiles », explique Abakar Mahamat, grossiste au marché de Dembé.
Cette hausse du prix de l’ail s’ajoute à celle d’autres denrées telles que les céréales, la viande et l’oignon, déjà à des niveaux record depuis plusieurs mois. Une situation qui inquiète les ménages et relance le débat sur la nécessité d’un mécanisme de régulation des prix au Tchad afin de soulager la pression sur le panier de la ménagère.
« On parle d’autosuffisance alimentaire, mais comment le peuple peut manger dignement si tout devient hors de prix ? » s’interroge une cliente, le panier à moitié vide.
Entre spéculation commerciale, coûts logistiques élevés et dépendance aux importations, l’ail, pourtant petit par la taille, symbolise désormais le poids de la vie chère qui pèse sur les foyers tchadiens.


