Le verdict est tombé le 2 février 2026 : Faustin Djimoudouel, figure de proue de la contestation enseignante, a été condamné à 12 mois d’emprisonnement ferme et 25 000 FCFA d’amende. Le président du Syndicat Indépendant des Enseignants du Tchad (SIET) a été reconnu coupable d’« incitation à la haine, à la révolte et à la rébellion », selon les termes rapportés par son conseil, Me Allahta Amos.
Né le 29 décembre 1972 à N’Djamena, ce père de neuf enfants est un pur produit de l’école tchadienne, dont il a gravi tous les échelons. Professeur certifié de 8e échelon, il a consacré sa carrière à l’enseignement des mathématiques, de l’histoire-géographie et de l’éducation civique. Ancien censeur puis proviseur, il a poussé son engagement pédagogique jusqu’à fonder le complexe scolaire « Fausta Avenir ».
Longtemps membre du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET), Faustin Djimoudouel finit par s’en détourner en 2023, dénonçant une passivité coupable face aux autorités. C’est ainsi qu’il cofonde, le 6 août 2024, le SIET. Bien que ses partisans brandissent un enregistrement officiel en règle, le gouvernement refuse de reconnaître la légalité de cette nouvelle structure.
Le conflit s’est envenimé suite à un mot d’ordre de grève générale lancé par le SIET pour exiger l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants. Ce mouvement de contestation a déclenché une réponse judiciaire immédiate.
Interpellé le 6 janvier 2026, puis placé sous mandat de dépôt deux jours plus tard, Faustin Djimoudouel a vu ses demandes de liberté provisoire rejetées jusqu’à sa condamnation finale.
Aujourd’hui, derrière les barreaux, Faustin Djimoudouel incarne pour ses pairs le symbole d’une éducation en crise. Alors que le secteur scolaire tchadien reste sous tension, l’absence de compromis entre le gouvernement et ce leader syndical interroge sur l’avenir du dialogue social dans le pays.


