Devant le Sénat ce vendredi 2 décembre 2025, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Passalé Kanabé Marcelin, a dressé un diagnostic sans concession de la situation électrique de la capitale. Sous la présidence du Dr Haroun Kabadi, cette audition s’est voulue un exercice de transparence, conformément aux orientations du chef de l’État, le Président Mahamat Idriss Déby Itno.
Le constat du ministre est sans appel : N’Djamena souffre d’un déséquilibre structurel profond. La demande en électricité progresse à un rythme que les infrastructures actuelles de production, de transport et de distribution ne parviennent plus à suivre.
Aujourd’hui, la puissance installée plafonne à environ 240 MW, un seuil insuffisant pour couvrir les pics de consommation. Pour éviter l’effondrement total du système, la Société Nationale d’Électricité (SNE) est contrainte de procéder à des coupures préventives. À ces limites techniques s’ajoutent des incidents logistiques, notamment la détérioration récurrente de câbles souterrains lors de travaux de voirie.
Pour sortir de l’impasse, le gouvernement mise sur une stratégie diversifiée :
- Énergie Solaire : La centrale Noor Tchad, dont la capacité actuelle est de 24 MW, devrait atteindre ses 50 MW nominaux prochainement. Elle est complétée par le projet RESPITE (30 MW avec stockage).
- Thermique : La mise en service imminente de la centrale Denali apportera un renfort de 32 MW au réseau.
- Infrastructures : Un vaste programme de réhabilitation des réseaux de moyenne et basse tension affiche déjà un taux d’exécution de 65 %.
Si le ministre a reconnu des retards liés aux délais de fabrication des équipements lourds, il a souligné une amélioration notable de la tension dans plusieurs quartiers. L’objectif affiché est clair : stabiliser le réseau et renforcer les capacités de production avant l’arrivée de la prochaine période de forte chaleur, moment critique pour les ménages et les entreprises tchadiennes.


