Le secteur de l’éducation publique traverse une zone de fortes turbulences. Depuis le 16 février 2026, le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) observe un mouvement de grève pour exiger l’application rigoureuse du décret 2850. Signé par le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, ce texte prévoit une revalorisation substantielle des primes de logement, de responsabilité et de risques.
Le point de blocage cristallise les tensions : alors que les enseignants réclament un effet immédiat, le gouvernement propose un délai de mise en œuvre de 45 jours. Ce décalage a entraîné une paralysie quasi totale des cours dans les établissements publics, tant dans la capitale que dans certaines provinces.
Face à la persistance du mouvement, le ministre de l’Éducation nationale, Aboubakar Assidick Choroma, a durci le ton en menaçant de suspendre les salaires pour les jours non travaillés. Une menace qui a rapidement été mise à exécution, mais non sans dommages collatéraux.
C’est dans la province de Hadjer-Lamis que la situation prend une tournure inattendue. Contrairement au mot d’ordre national, certains syndicats locaux n’avaient pas rejoint le mouvement de contestation. Pourtant, lors d’un point de presse tenu le 25 février à l’école Centre de Massakory, la section locale du SET a dénoncé des coupes salariales jugées « arbitraires et injustifiées » sur les fiches de paie d’enseignants qui étaient pourtant à leur poste.
Qualifiant cette mesure de « violation flagrante des droits des travailleurs », le bureau exécutif du SET de Hadjer-Lamis a décidé de réagir. En signe de protestation contre ces prélèvements indus, les enseignants de la province observent désormais une grève d’avertissement d’une semaine, du 26 février au 4 mars 2026, appelant l’ensemble des militants à la solidarité.


