Le Président national de l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau (UNDR) a ouvert, ce 19 décembre 2025, les assises du 7ème congrès de son parti. Entre bilan de la transition, critiques acerbes contre le système électoral et annonce d’un passage de témoin générationnel, Saleh Kebzabo n’a éludé aucun sujet brûlant. L’ambiance était à la fois solennelle et électrique.
Devant un parterre de militants et de chefs de partis alliés, Saleh Kebzabo a d’abord rappelé la résilience de l’UNDR, un parti qui « respecte ses rendez-vous statutaires » malgré les pressions administratives passées, citant les souvenirs douloureux du congrès de Mongo en 2019.
Si l’ancien Premier ministre a salué la réussite de la transition dirigée par Mahamat Idriss Déby, contrastant avec l’instabilité des pays de l’AES, il n’a pas pour autant ménagé le pouvoir actuel. Le leader de l’UNDR a fustigé la « médiocrité » de l’ANGE (Agence Nationale de Gestion des Élections) lors des dernières législatives. « Nous aurions dû obtenir 18 à 20 députés, pas 8. Cette pilule ne sera jamais digérée », a-t-il martelé. Pour l’avenir, Kebzabo exige deux réformes non négociables : la remise immédiate des procès-verbaux aux délégués et la proclamation des résultats en 24 ou 48 heures pour éviter tout « tripatouillage ».
Le moment le plus fort du discours a été l’interpellation directe du Chef de l’État. Saleh Kebzabo a dénoncé avec une franchise rare les maux qui minent le développement du Tchad : la corruption endémique et le népotisme. « Monsieur le Président, votre signature ne doit plus figurer au bas de décrets où ce sont toujours les mêmes régions, les mêmes clans qui sont nommés », a-t-il lancé, avertissant que les prédateurs qui « tiennent en otage » le pouvoir se volatiliseront face à la colère d’un peuple qui demandera bientôt des comptes sur les recettes du pétrole et de l’or.
Après plus de trente ans de lutte politique, Saleh Kebzabo a officiellement ouvert la porte à un changement de garde au sein de l’UNDR. Affirmant que « l’heure de la relève a sonné », il a invité les militants à accueillir cette nouvelle génération qui « piaffe d’impatience » pour faire mieux que les pères fondateurs.
En conclusion, le président de l’UNDR a appelé à un sursaut patriotique, invitant les Tchadiens à cultiver l’amour du travail et de l’unité pour sortir le pays du « bourbier » de l’insécurité et de la pauvreté. Ce 7ème congrès ne marque pas seulement la vie d’un parti, mais semble dessiner les contours d’une nouvelle ère politique au Tchad.


